
Quelques minutes plus tard, les soldats avaient repris place dans
leurs engins puissants et rentraient à la base.
Dans la rue principale de Sunnydale, la Hummer transformée
fonçait dans un bruit de tous les diables. Malgré la
présence du canon de 75, le caporal Busybee s'était
confortablement installée sur le toit du tank avec son bazooka et
faisait tout son possible pour ne pas se retrouver balancée
à terre. Elle scrutait les alentours, le sourire aux
lèvres. "Il est dingue, se disait-elle, j'aime la vitesse,
mais à ce point là ! "
Tout à coup, les chenilles hurlèrent, le Panzer
s'arrêta très brutalement, et le caporal n'eut plus
qu'à se rattraper au métal du bout des ongles,
opérant un rétablissement tout à fait
spectaculaire, s'adossant une nouvelle fois au canon. Un jeune homme
blond décoloré avait manqué passer sous le
véhicule et accompagnait sa déconvenue d'un "Bloody
Hell ! "fulminant.
Busybee le reconnut aussitôt, et lui décocha son plus beau
sourire : "Hello, Spike !!! "Elle était morte de
rire.
Le tank ne resta sur place qu'une minute avant de redémarrer en
trombe... Le vampire était à la fois furieux et
stupéfait : "Mais qu'est ce que c'est que ça, et
cette fille me connaît en plus ? Oh, non, pas une tueuse,
promettez-moi, démons de l'enfer, que ce n'est pas ENCORE une
tueuse... "Le vampire s'épousseta en soupirant et se
précipita Revello Drive pour y recueillir des informations. Mais
enfin, que se passait-il donc à Sunnydale ?
Le caporal n'était plus qu'un minuscule point rouge dans le
lointain, et Spike entrait chez Buffy et la surprenait, comme à
l'accoutumée, rangeant ses armes dans un sac trop grand pour
elle.
- Buff..., souffla le vampire, harassé.
- Qu'est-ce que tu veux encore, Spike, répliqua la tueuse, sur
le point de lui envoyer son poing au visage avant même qu'il
puisse placer une parole.
- Il y a un panzer, des blindés, des mitrailleuses et un canon
de 75 en pleine ville et une fille, une fille qui se moque de moi !
ajouta-t-il d'un air désespéré.
Buffy éclata de rire :
- Qui ose se moquer de William le Sanguinaire ? Puis, se reprit,
songeuse : Des blindés ? Ça expliquerait tous ces
massacres.
La tueuse saisit d'un geste le vampire par le haut de son blouson de
cuir noir :
- Je t'avertis, Spike, si c'est un coup monté, tu ne feras pas
de vieux os ici, et mieux, tu vas m'accompagner chez Giles pour lui
raconter tout ça.
Le vampire ne bougea pas d'un pouce. Un sourire narquois se dessina sur
son visage. D'une voix sèche, il prononça le mot fatidique
:
- Combien ?
Buffy leva les yeux au ciel, puis glissa 100 dollars au cupide
mort-vivant.
Spike se dépêcha d'empocher le billet et suivit la blonde
créature jusqu'à l'appartement de l'Observateur où
il répéta son récit.
Alex, Willow, Tara et Giles levèrent le nez de leurs bouquins
et échangèrent un regard interloqué, tandis que
Spike tirait une chaise et s'y installait.
- L'histoire de Spike semble recouper ce que nous avons compris en ton
absence, Buffy. Alex, c'est ta découverte ; à toi
l'honneur !
- Buffy, tu te souviens du croquis représentant des
éclairs oranges autour d'une spirale blanche ? Les effets
hypnotiques ne peuvent être produits que par une seule sorte
d'appareil...
Giles l'interrompit adroitement :
- Tout ce qui peut subir un balayage d'électrons...
Willow, Tara, Alex et Buffy s'écrièrent alors en choeur :
- Un écran de télévision !!!
- Ou un moniteur, ajouta Spike, tout dépité dans son
coin.
- Donc, demanda Buffy, les créatures blindées d'un monde
parallèle seraient venues de la télé ??
- Plus exactement par le câble, expliqua Giles, ravi de son petit
effet, câble TV ET réseau Internet.
- Y a-t-il un moyen de s'en débarrasser, frissonna alors Willow.
Vous me rappelez Moloch, avec vos histoires, brrr. J'espère que
ceux-là, au moins, ne cherchent pas à se reproduire !
- Qui sait ? fit Anya, amusée en regardant Alex. On y pense
bien, nous !
Alex rougit ; Giles leur lança un regard noir et s'adressa
à Willow.
- On peut, oui, mais le moyen est complexe : il faut trouver la source
d'énergie, et les débrancher, purement et simplement.
Tous se mirent à chercher une solution, tandis que Spike s'éclipsait, non sans avoir vidé la fameuse tasse de sang cachée dans le réfrigérateur de l'ancien bibliothécaire.
Au même moment dans les faubourgs de Sunnydale.
Toute la brigade cherchait désespérément le
lieutenant Panzer. Il y avait urgence et pas moyen de mettre la main sur
lui. Le lieutenant Mokuji désespérait, se tenant la
tête entre les mains.
- Mais qu'est-ce qu'il fout, bon sang ?
Les soldats se regardèrent, hésitants.
Le soldat Sebb intervint, en triturant son casque d'un air craintif:
- Je crois qu'il est sous sa tente.
- Hein ? fit le soldat Vero. Mais on a plein de démons à
tuer et il dort???
- Non, je ne pense pas qu'il dorme, précisa le soldat Vendha, en
éclatant de rire.
Les sourcils froncés, le caporal Busybee se décida
à aller voir. Elle s'approcha de la tente et s'y insinua sans se
montrer. Ses yeux s'écarquillèrent...
Le Panzer était tout simplement installé devant un
écran géant avec un appareil à diapositives. Il se
faisait une superbe présentation de Jessica Alba sous tous les
angles possibles et imaginables, et il était franchement
tétanisé. La jeune femme se demanda même s'il ne
fallait pas appeler la réanimation, elle eut un mouvement de
frayeur puis se décida. Elle saisit sa baïonnette
(décidément elle avait un de ces arsenaux,
celle-là) et tira brutalement en l'air, déchirant la
toile. Le lieutenant tressaillit vivement, regarda alentour, puis le
caporal d'un air courroucé.
- On ne peut vraiment pas être tranquilles cinq minutes ici,
hein! Garde à vous, on retourne avec les autres!
- Mais, mon lieutenant, on a besoin de vous pour le débriefing
et... ce n'est peut-être pas le moment de vous rincer l'oeil...
- Ben non, mais c'est aussi normal de décompresser ! Vous
êtes tout le temps HS Busybee, ajouta le Lieutenant visiblement
agacé par ces remarques, vous devriez vous concentrer davantage
sur votre mission sinon, c'est l'anarchie. Relisez la FAQ au lieu de me
faire des reproches. Vous qui faites sans arrêt des bêtises,
regardez-moi ce trou dans la tente, allez donc me chercher de quoi
raccommoder tout ça! Et au pas de course !
Le caporal repartit, tête basse, mais le message était
passé quand même puisqu'on ne revit plus de diapositives de
belles brunes avant au moins une semaine...
Le lendemain, le calme a repris ses droits sur Sunnydale,
après les sanglants événements de la nuit, une
petite brume enveloppe la ville d'une sorte de linceul blanc, le calme
est étonnant après la fureur destructrice qui s'est
déchaînée toute la nuit.
Les animaux eux-mêmes sont silencieux, encore sous le choc de la
violence qui s'est abattue sur leur territoire.
La matinée s'est étirée avec langueur, le ciel
s'est progressivement dégagé comme pour permettre à
la ville de faire progressivement face aux événements de
la nuit, et laisse maintenant la place au ciel azur de Californie.
Alex, suivi de près par Anya, rejoint Tara, Willow et Buffy, sur
le campus, pour un débriefing. Les longues jupes de Willow et
Tara attirent le regard, elles sont faciles à repérer de
loin, une orange, l'autre cassis, et Alex se dirige vers leur banc,
planté au milieu d'une pelouse du parc, sans hésiter.
Buffy est à leurs côtés, en dos nu blanc et jupe
très mini à fleurs, ce qui fait sourire le jeune homme.
- Du nouveau ? lance-t-il dès son arrivée.
- Oui, rétorque Buffy, un véritable carnage a encore eu
lieu cette nuit, nous avons retrouvé les restes d'un démon
pendus à un arbre : ses entrailles ont été
volontairement attaquées par du vulgaire sel de cuisine.... Et
toute une série d'autres, le crâne défoncé,
avec un oeil arraché, dit-elle avec un air de
dégoût. Il semble que la personne ou les personnes qui ont
agi ainsi voulaient non seulement les détruire mais les faire
souffrir le plus possible, comme pour les punir de leur existence,
comme si les démons pouvaient comprendre la métaphysique
et leur rôle dans le cosmos !
Buffy était, quant à elle persuadée, que les démons étaient des créatures sans intelligence qui ne vivaient que pour la satisfaction immédiate de leurs instincts primitifs ; elle en concevait d'ailleurs pour eux un certain mépris, qui l'aidait énormément dans les combats.
Willow intervint :
- C'est un homme qui a fait ça, des blessures aussi vicieuses,
c'est...
- Typiquement humain, la coupa Anya, avec une petite grimace de
dégoût. Ce qui ne l'empêche pas de mordre à
pleines dents dans son sandwich. Excellent ce thon, ajoute-t-elle.
Vraiment toutes ces tueries ne devraient jamais couper l'appétit
à personne... Il fallait toujours penser à sa survie, se
dit-elle.
- Des tueurs en série ? demande alors Alex.
- Non, bien sûr, le gronde gentiment Buffy, mais il faudrait
avoir d'autres indices. Tara et Will, vous avez fait le tour des lieux 3
ou 4 fois ce matin, avez-vous découvert des signes de possession
ou de quoi que ce soit de ce type ?
Tara la regarde d'un air désolé, et répond en fixant le bout de ses chaussures avec insistance :
- Il n'y a rien du tout, Buffy, ces gens sont humains, il n'y a rien
à en dire, aucun maléfice, p-p-pas de créature des
Enfers, rien du tout, ils sont parfaitement normaux...
- Enfin, normaux.... Avec le sel, tout ça, explique Willow avec
de grands gestes, en roulant des yeux épouvantés.
La discussion continue mais vraiment, jamais le Scooby Gang n'a
été aussi inefficace. Leur volonté de bien faire
est manifeste mais ce sont les moyens qui manquent : Comment
éliminer des monstres venus d'un univers virtuel puisqu'ils
n'existent pas ???? On ne peut pas s'en débarrasser !
Buffy ajouta également que si c'étaient des humains, en
plus...
- Ah oui, c'est vrai, remarqua Willow d'un air sarcastique, ta mission
est contraire à l'assassinat d'humains... Pourtant, il y a des
gens que ça ne dérange pas, et puis, tu sais, certains
humains sont vraiment de sales bêtes, on en a connu plusieurs...
Vous vous souvenez du gardien des hyènes ?
A ces mots, Alex frissonne, car il se rappelle fort bien ce qu'il a
fait à cette époque, bien qu'il ait feint
l'amnésie.
- Ce qui est sûr, ajoute Buffy, c'est que nous devons en savoir
plus.
- On pourrait essayer de se mêler à eux, pour les
surprendre sur le fait, avança Alex.
- Mais, mais, ça va être extrêmement dangereux.
- Oh, mais le danger, c'est notre métier, dit Willow, pas vrai,
hein Buffy, dit-elle avec un petit regard inquiet à l'adresse de
Buffy.
- Comme toujours on s'en sortira, Scooby gang for ever.
Les jeunes gens désemparés décidèrent alors, en désespoir de cause, de prévoir pour le soir même un grand rassemblement dans les ravines à l'ouest de la ville afin de piéger les intrus la main dans le sac. Rendez-vous est donné à 22 heures, avec toutes les armes possibles, y compris du matériel de magie. Buffy téléphone à Giles sur son portable. L'Observateur, de son côté, a continué à chercher, en vain, et promet d'être sur le terrain le soir même.
Le soir est venu, le Scooby gang au grand complet est caché dans les ravines de la forêt de Blackwood, prêt à surprendre les intrus et à leur faire rendre gorge. Mais alors que les dernières lueurs du soleil s'éclipsent, laissant l'obscurité prendre possession des lieux, on lit malgré tout une certaine inquiétude sur tous les visages, ils savent qu'ils devront faire face à l'inconnu et se battre pour leurs vies.
Quelques dizaines de minutes passent, sur les visages la tension se lit au premier coup d'oeil, nul n'ignore que les enfers vont peut-être se déchaîner dans les secondes qui viennent. Buffy, Alex, Willow, Riley et Giles serrent nerveusement entre leurs mains leurs armes, sachant que de leur capacité à se servir de celles-ci dépendra l'avenir du monde et plus modestement leurs vies.
Mais il semble que le Scooby gang ait pris rendez-vous au mauvais endroit ce soir, en effet, deux Hummers noires roulent à pleine vitesse dans les faubourgs de Sunnydale, brûlant tous les feux rouges, et manquant à chaque instant de provoquer de multiples accidents. Les militaires ne se dirigent nullement vers la forêt mais vers le centre de la petite ville californienne.
Les lieutenants Panzer et Mokuji sont au volant de leurs engins, faisant la course dans le centre ville, ne ménageant pas leurs efforts pour prendre chacun l'avantage sur son estimé collègue.
Soudain, alors que les deux voitures sont lancées côte
à côte à pleine vitesse, les deux conducteurs se
défiant du regard, dans une ligne droite, un gamin
s'élance sur la route, en hurlant, les Hummers font une
embardée pour éviter ce fou, au passage les soldats
comprirent quelques mots au travers du charabia baragouiné par le
jeune : "couzin zinzin, couzin zinzin "hurlait-il tout en
gesticulant de façon incompréhensible.
Les deux Hummers poursuivent leur course effrénée
à travers la ville, les soldats ont vite fait d'oublier les
propos incohérents du gamin, pour se reconcentrer sur leur
mission.
Les jeeps, pénètrent dans le centre ville, et viennent
s'arrêter dans un hurlement de pneus sur les pelouses du parc,
arrachant l'herbe et laissant de profondes ornières.
Les soldats s'extraient rapidement de leurs véhicules, armes
à la main, et se rassemblent autour des officiers pour prendre
connaissance des ordres et de la mission du jour.
Les soldats attentifs boivent avec délectation les ordres de
leurs chefs, ils savent que d'ici quelques minutes, ils
déchaîneront les enfers et mettront une fois de plus en
déroute leurs ennemis héréditaires.
Le soldat Gaylor, pour sa part, n'avait cure des ordres de ses
supérieurs et était resté dans le Hummer à
fumer une cigarette, il tirait bouffée sur bouffée et
faisait des ronds avec la fumée bleutée qu'il exhalait.
Puis décidant finalement de rejoindre ses coéquipiers,
lentement il ouvrit la porte du véhicule et sauta à terre,
il était uniquement vêtu d'un jean serré et il
était torse nu. Lorsqu'il claqua la portière du Hummer,
tous les soldats se retournèrent vers lui comme un seul homme.
Les femmes du groupe admirant sa musculature, se prirent à
rêver d'une nuit de folie avec cet Apollon. Le soldat Vero, n'y
tenant plus, se jeta littéralement sur le pauvre Gaylor qui n'en
demandait pas tant. Elle lui empoigna une fesse d'une main et l'embrassa
langoureusement tout en lui passant la main dans les cheveux.
- Prends-moi tout de suite, lui dit-elle, avec un sourire coquin.
Gaylor n'y tenant plus devant cette offre, venant d'une beauté
fatale telle que Vero, renversa la fille sur le capot de la voiture et
en un éclair lui retroussa sa jupe jusqu'à sa taille, il
avait déjà la main dans sa petite culotte, prêt
à lui faire découvrir des plaisirs interdits dans un tel
lieu public, quand :
- On vous dérange peut-être ? tonna le lieutenant Panzer.
Les deux amants se retournèrent en direction des soldats et
constatèrent à leur grand désarroi, que leurs
compagnons d'armes n'en manquaient pas une miette.
- Eh bien je suppose qu'on peut tenir encore quelques heures, dit le
soldat Vero tout en tentant de retrouver un habillement plus
décent, avec néanmoins une petite moue déconfite.
- A la bonne heure, dit le lieutenant.
Les soldats Vero et Gaylor rejoignirent alors leurs coéquipiers
pour la fin du briefing.
- L'opérateur Cube, vous a exposé que ce soir nous aurons
à faire à ces immondes Trolls !
Les soldats, se remémorant sans doute quelques batailles
épiques leur ayant coûté des amis dans la bataille,
baissèrent les yeux, mais leur volonté n'était
nullement atteinte.
- Comme vous le savez, reprit le lieutenant Mokuji, il existe deux
types de Trolls, l'espèce velue est la plus commune et nous avons
déjà eu l'occasion d'en mater plus d'un, ajouta-t-il avec
un sourire carnassier.
- Mais ce soir, nous aurons affaire à des Trolls bien plus
vicieux, ils sont d'aspect humanoïde et leur seul objectif est de
nous détruire, nous les gardiens de le FAQ et de la
Nétiquette.
- Exact, et d'après mes relevés, lieutenant, ils sont
puissamment armés, et selon mes derniers calculs ces bestioles se
baladeraient dans les alentours, je dirais même que nous sommes
encerclés, lieutenant, précisa l'opérateur Cube.
- Je vous rappelle que ce ne sont pas des enfants de choeur.
- Nous non plus chef, dit une voix.
Cette déclaration fut accompagnée d'un grand éclat
de rire au sein du groupe.
- Très bien, laissons-les approcher un peu, dispersez-vous et
faites feu pour tuer bien évidemment, bon massacre, messieurs !
Les soldats ne se firent pas prier pour retrouver leur équipier
habituel et partirent immédiatement dans le parc prendre
position.
De l'autre coté de la ville, Graham et ses hommes de
l'Initiative patrouillaient à la recherche des démons
qu'ils avaient bêtement laissés s'échapper lors de
la destruction de la base de l'Initiative.
- Finalement ces mystérieux soldats font notre boulot, releva un
soldat.
- Vous trouvez soldat ? A mon avis ils font plus de grabuge qu'autre
chose, répliqua Graham.
- Ils sont efficaces, eux, grommela pour lui-même le soldat.
- Vous disiez ? demande Graham avec un regard noir.
- Hum rien, je, je sifflotais, répondit le soldat l'air
gêné.
La radio de l'équipe se mit à crachoter,
l'opérateur sortit son appareil et écouta avec attention
les informations diffusées.
- Chef on a un contact dans le centre, vers le parc de HighRoad,
d'autres équipes sont déjà en route, dit
l'opérateur radio.
- Très bien, nous y serons dans deux minutes, confirmez la
position.
Les soldats se mirent en route vers le parc.
Dans le parc l'embuscade était prête, les Trolls
n'avaient qu'à bien se tenir. Les deux lieutenants de
l'équipe faisaient le tour des soldats placés sous leur
responsabilité, inspectant armes et uniformes, sachant que le
moindre détail pouvait faire basculer la bataille.
Le lieutenant Mokuji, à couvert d'un bosquet, se dirigea vers un
soldat qui était assis immobile sur un banc placé sous un
arbre, le soldat semblait inerte. Le lieutenant hésita avant de
lancer l'alerte, et décida au contraire de prendre par surprise
l'intrus qui avait bien pu avoir raison de la vigilance du soldat.
Mokuji, progressait doucement à couvert, surveillant le moindre
recoin d'ombre, il arriva auprès du soldat qui ne portait plus
son arme réglementaire. Un énorme poisson était
posé en travers de ses genoux.
- Mais qu'est-ce que ?
- C'est le soldat Sonny, chuchota une voix, provenant d'un
fourré.
Un soldat était parfaitement camouflé à quelques
mètres de là et attendait patiemment qu'un Troll passe
à proximité pour lui régler son compte.
- Et le saumon qu'est-ce qu'il fait là ? demanda le lieutenant
dans un souffle.
- C'est une truite, chef.
- Une quoi ??? bien, bref soldat Sonny, où est votre arme
réglementaire.
Le soldat Sonny resta muet comme une carpe.
- Il ne répondra pas, je pense chef.
- Je vous ordonne de répondre, Soldat, ou je vous ferai passer
en cour martiale ! explosa le lieutenant Mokuji.
- Il est en mode Away, chef, expliqua la voix.
- Qu'il fasse ce qu'il veut après tout, mais je ne crois pas
qu'un coup de truite puisse tuer un Troll, mais enfin passons.
Surveillez-le et faites en sorte qu'il se mette en mode actif au bon
moment.
- Bien chef, dit la voix.
Le lieutenant Mokuji continua son inspection, saluant et encourageant
ses hommes avant la bataille, dont il savait qu'elle serait terrible.
Panzer et le soldat Armelle étaient embusqués dans un
fourré, ils surveillaient les alentours, prêts à
réduire en cendre le premier fou qui oserait s'approcher d'eux
sans s'annoncer.
Soudain, quelque chose s'approchait d'eux à pas de loup, les
deux soldats embusqués se retournèrent d'un bloc en
entendant une brindille craquer, prêt à faire front, mais
à leur grand soulagement il s'agissait du soldat Sebb.
- Chef, dit-il en arrivant tout essoufflé, vous voulez un
café ?
- Quoi, répondit le lieutenant Panzer complètement
éberlué de cette proposition incongrue a ce moment
critique.
- Un petit gâteau alors ???
- Vous vous foutez de moi soldat, répliqua sèchement le
lieutenant.
- Euh non chef, répondit le soldat déjà moins
assuré, mais je pensais que euh, vous voyez.
- Non je ne vois pas, et ne pensez pas soldat, ça nuit à
votre capacité de destruction !
- C'est noté chef, dit le soldat qui s'apprêtait à
quitter son chef, sans doute pour finir sa tournée des popotes.
- Soldat, dit sèchement le lieutenant, vous restez ici, fini de
jouer les maîtresses de maison, on va casser du Troll, ajouta le
chef avec un sourire à vous glacer le sang.
Alors même que le soldat Sebb achevait de prendre position, un
autre soldat débarqua dans le trou à rat dans lequel les
hommes étaient planqués.
- Quoi encore ?
- J'ai entendu parler de café chef, alors je me suis dit qu'il y
avait forcément une serveuse dans le coin !
Le jeune homme regardait de toutes parts, l'oeil allumé,
prêt à sauter sur toute ravissante créature munie
d'un plateau, car c'était chez lui une obsession.
- Soldat Yefka, combien de fois faudra-t-il vous le dire, le
soldat Sebb ressemble-t-il le moins du monde à
Claudia Schiffer ?
Le soldat Yefka avec un air dépité regardait le soldat
Sebb, tout en se demandant au fond de lui même si la serveuse
n'avait pas déjà quitté les lieux subrepticement.
Méfiant, il ne voulait pas lâcher sa future proie.
- Cessez de rêvasser, Soldat, à la fin !
Les Quatre soldats se re-postèrent en embuscade, scrutant les
environs, et
attendant patiemment leurs ennemis, prêts à les
réduire en charpie.