Bataille Rangée

Par Phil en association avec Busybee

1-6 | 7- 13 | 14-19 + Epilogue

Chapitre 7

Quelques minutes plus tard, les soldats avaient repris place dans leurs engins puissants et rentraient à la base.
Dans la rue principale de Sunnydale, la Hummer transformée fonçait dans un bruit de tous les diables. Malgré la présence du canon de 75, le caporal Busybee s'était confortablement installée sur le toit du tank avec son bazooka et faisait tout son possible pour ne pas se retrouver balancée à terre. Elle scrutait les alentours, le sourire aux lèvres. "Il est dingue, se disait-elle, j'aime la vitesse, mais à ce point là ! "

Tout à coup, les chenilles hurlèrent, le Panzer s'arrêta très brutalement, et le caporal n'eut plus qu'à se rattraper au métal du bout des ongles, opérant un rétablissement tout à fait spectaculaire, s'adossant une nouvelle fois au canon. Un jeune homme blond décoloré avait manqué passer sous le véhicule et accompagnait sa déconvenue d'un "Bloody Hell ! "fulminant.
Busybee le reconnut aussitôt, et lui décocha son plus beau sourire : "Hello, Spike !!! "Elle était morte de rire.
Le tank ne resta sur place qu'une minute avant de redémarrer en trombe... Le vampire était à la fois furieux et stupéfait : "Mais qu'est ce que c'est que ça, et cette fille me connaît en plus ? Oh, non, pas une tueuse, promettez-moi, démons de l'enfer, que ce n'est pas ENCORE une tueuse... "Le vampire s'épousseta en soupirant et se précipita Revello Drive pour y recueillir des informations. Mais enfin, que se passait-il donc à Sunnydale ?

Le caporal n'était plus qu'un minuscule point rouge dans le lointain, et Spike entrait chez Buffy et la surprenait, comme à l'accoutumée, rangeant ses armes dans un sac trop grand pour elle.
- Buff..., souffla le vampire, harassé.
- Qu'est-ce que tu veux encore, Spike, répliqua la tueuse, sur le point de lui envoyer son poing au visage avant même qu'il puisse placer une parole.
- Il y a un panzer, des blindés, des mitrailleuses et un canon de 75 en pleine ville et une fille, une fille qui se moque de moi ! ajouta-t-il d'un air désespéré.
Buffy éclata de rire :
- Qui ose se moquer de William le Sanguinaire ? Puis, se reprit, songeuse : Des blindés ? Ça expliquerait tous ces massacres.
La tueuse saisit d'un geste le vampire par le haut de son blouson de cuir noir :
- Je t'avertis, Spike, si c'est un coup monté, tu ne feras pas de vieux os ici, et mieux, tu vas m'accompagner chez Giles pour lui raconter tout ça.
Le vampire ne bougea pas d'un pouce. Un sourire narquois se dessina sur son visage. D'une voix sèche, il prononça le mot fatidique :
- Combien ?
Buffy leva les yeux au ciel, puis glissa 100 dollars au cupide mort-vivant.
Spike se dépêcha d'empocher le billet et suivit la blonde créature jusqu'à l'appartement de l'Observateur où il répéta son récit.

Alex, Willow, Tara et Giles levèrent le nez de leurs bouquins et échangèrent un regard interloqué, tandis que Spike tirait une chaise et s'y installait.
- L'histoire de Spike semble recouper ce que nous avons compris en ton absence, Buffy. Alex, c'est ta découverte ; à toi l'honneur !
- Buffy, tu te souviens du croquis représentant des éclairs oranges autour d'une spirale blanche ? Les effets hypnotiques ne peuvent être produits que par une seule sorte d'appareil...
Giles l'interrompit adroitement :
- Tout ce qui peut subir un balayage d'électrons...
Willow, Tara, Alex et Buffy s'écrièrent alors en choeur :
- Un écran de télévision !!!
- Ou un moniteur, ajouta Spike, tout dépité dans son coin.
- Donc, demanda Buffy, les créatures blindées d'un monde parallèle seraient venues de la télé ??
- Plus exactement par le câble, expliqua Giles, ravi de son petit effet, câble TV ET réseau Internet.
- Y a-t-il un moyen de s'en débarrasser, frissonna alors Willow. Vous me rappelez Moloch, avec vos histoires, brrr. J'espère que ceux-là, au moins, ne cherchent pas à se reproduire !
- Qui sait ? fit Anya, amusée en regardant Alex. On y pense bien, nous !
Alex rougit ; Giles leur lança un regard noir et s'adressa à Willow.
- On peut, oui, mais le moyen est complexe : il faut trouver la source d'énergie, et les débrancher, purement et simplement.

Tous se mirent à chercher une solution, tandis que Spike s'éclipsait, non sans avoir vidé la fameuse tasse de sang cachée dans le réfrigérateur de l'ancien bibliothécaire.

Chapitre 8

Au même moment dans les faubourgs de Sunnydale.
Toute la brigade cherchait désespérément le lieutenant Panzer. Il y avait urgence et pas moyen de mettre la main sur lui. Le lieutenant Mokuji désespérait, se tenant la tête entre les mains.
- Mais qu'est-ce qu'il fout, bon sang ?
Les soldats se regardèrent, hésitants.
Le soldat Sebb intervint, en triturant son casque d'un air craintif:
- Je crois qu'il est sous sa tente.
- Hein ? fit le soldat Vero. Mais on a plein de démons à tuer et il dort???
- Non, je ne pense pas qu'il dorme, précisa le soldat Vendha, en éclatant de rire.

Les sourcils froncés, le caporal Busybee se décida à aller voir. Elle s'approcha de la tente et s'y insinua sans se montrer. Ses yeux  s'écarquillèrent...
Le Panzer était tout simplement installé devant un écran géant avec un appareil à diapositives. Il se faisait une superbe présentation de Jessica Alba sous tous les angles possibles et imaginables, et il était franchement tétanisé. La jeune femme se demanda même s'il ne fallait pas appeler la réanimation, elle eut un mouvement de frayeur puis se décida. Elle saisit sa baïonnette (décidément elle avait un de ces arsenaux, celle-là) et tira brutalement en l'air, déchirant la toile. Le lieutenant tressaillit vivement, regarda alentour, puis le caporal d'un air courroucé.

- On ne peut vraiment pas être tranquilles cinq minutes ici, hein! Garde à vous, on retourne avec les autres!
- Mais, mon lieutenant, on a besoin de vous pour le débriefing et... ce n'est peut-être pas le moment de vous rincer l'oeil...
- Ben non, mais c'est aussi normal de décompresser ! Vous êtes tout le temps HS Busybee, ajouta le Lieutenant visiblement agacé par ces remarques, vous devriez vous concentrer davantage sur votre mission sinon, c'est l'anarchie. Relisez la FAQ au lieu de me faire des reproches. Vous qui faites sans arrêt des bêtises, regardez-moi ce trou dans la tente, allez donc me chercher de quoi raccommoder tout ça! Et au pas de course !
Le caporal repartit, tête basse, mais le message était passé quand même puisqu'on ne revit plus de diapositives de belles brunes avant au moins une semaine...

Chapitre 9

Le lendemain, le calme a repris ses droits sur Sunnydale, après les sanglants événements de la nuit, une petite brume enveloppe la ville d'une sorte de linceul blanc, le calme est étonnant après la fureur destructrice qui s'est déchaînée toute la nuit.
Les animaux eux-mêmes sont silencieux, encore sous le choc de la violence qui s'est abattue sur leur territoire.

La matinée s'est étirée avec langueur, le ciel s'est progressivement dégagé comme pour permettre à la ville de faire progressivement face aux événements de la nuit, et laisse maintenant la place au ciel azur de Californie.
Alex, suivi de près par Anya, rejoint Tara, Willow et Buffy, sur le campus, pour un débriefing. Les longues jupes de Willow et Tara attirent le regard, elles sont faciles à repérer de loin, une orange, l'autre cassis, et Alex se dirige vers leur banc, planté au milieu d'une pelouse du parc, sans hésiter. Buffy est à leurs côtés, en dos nu blanc et jupe très mini à fleurs, ce qui fait sourire le jeune homme.
- Du nouveau ? lance-t-il dès son arrivée.
- Oui, rétorque Buffy, un véritable carnage a encore eu lieu cette nuit, nous avons retrouvé les restes d'un démon pendus à un arbre : ses entrailles ont été volontairement attaquées par du vulgaire sel de cuisine.... Et toute une série d'autres, le crâne défoncé, avec un oeil arraché, dit-elle avec un air de dégoût. Il semble que la personne ou les personnes qui ont agi ainsi voulaient non seulement les détruire mais les faire souffrir le plus possible, comme pour les punir de leur existence, comme si les démons pouvaient comprendre la métaphysique et leur rôle dans le cosmos !

Buffy était, quant à elle persuadée, que les démons étaient des créatures sans intelligence qui ne vivaient que pour la satisfaction immédiate de leurs instincts primitifs ; elle en concevait d'ailleurs pour eux un certain mépris, qui l'aidait énormément dans les combats.

Willow intervint :
- C'est un homme qui a fait ça, des blessures aussi vicieuses, c'est...
- Typiquement humain, la coupa Anya, avec une petite grimace de dégoût. Ce qui ne l'empêche pas de mordre à pleines dents dans son sandwich. Excellent ce thon, ajoute-t-elle. Vraiment toutes ces tueries ne devraient jamais couper l'appétit à personne... Il fallait toujours penser à sa survie, se dit-elle.
- Des tueurs en série ? demande alors Alex.
- Non, bien sûr, le gronde gentiment Buffy, mais il faudrait avoir d'autres indices. Tara et Will, vous avez fait le tour des lieux 3 ou 4 fois ce matin, avez-vous découvert des signes de possession ou de quoi que ce soit de ce type ?

Tara la regarde d'un air désolé, et répond en fixant le bout de ses chaussures avec insistance :

- Il n'y a rien du tout, Buffy, ces gens sont humains, il n'y a rien à en dire, aucun maléfice, p-p-pas de créature des Enfers, rien du tout, ils sont parfaitement normaux...
- Enfin, normaux.... Avec le sel, tout ça, explique Willow avec de grands gestes, en roulant des yeux épouvantés.
La discussion continue mais vraiment, jamais le Scooby Gang n'a été aussi inefficace. Leur volonté de bien faire est manifeste mais ce sont les moyens qui manquent : Comment éliminer des monstres venus d'un univers virtuel puisqu'ils n'existent pas ???? On ne peut pas s'en débarrasser !
Buffy ajouta également que si c'étaient des humains, en plus...
- Ah oui, c'est vrai, remarqua Willow d'un air sarcastique, ta mission est contraire à l'assassinat d'humains... Pourtant, il y a des gens que ça ne dérange pas, et puis, tu sais, certains humains sont vraiment de sales bêtes, on en a connu plusieurs... Vous vous souvenez du gardien des hyènes ?
A ces mots, Alex frissonne, car il se rappelle fort bien ce qu'il a fait à cette époque, bien qu'il ait feint l'amnésie.
- Ce qui est sûr, ajoute Buffy, c'est que nous devons en savoir plus.
- On pourrait essayer de se mêler à eux, pour les surprendre sur le fait, avança Alex.
- Mais, mais, ça va être extrêmement dangereux.
- Oh, mais le danger, c'est notre métier, dit Willow, pas vrai, hein Buffy, dit-elle avec un petit regard inquiet à l'adresse de Buffy.
- Comme toujours on s'en sortira, Scooby gang for ever.
 

Les jeunes gens désemparés décidèrent alors, en désespoir de cause, de prévoir pour le soir même un grand rassemblement dans les ravines à l'ouest de la ville afin de piéger les intrus la main dans le sac. Rendez-vous est donné à 22 heures, avec toutes les armes possibles, y compris du matériel de magie. Buffy téléphone à Giles sur son portable. L'Observateur, de son côté, a continué à chercher, en vain, et promet d'être sur le terrain le soir même.

Chapitre 10

Le soir est venu, le Scooby gang au grand complet est caché dans les ravines de la forêt de Blackwood, prêt à surprendre les intrus et à leur faire rendre gorge. Mais alors que les dernières lueurs du soleil s'éclipsent, laissant l'obscurité prendre possession des lieux, on lit malgré tout une certaine inquiétude sur tous les visages, ils savent qu'ils devront faire face à l'inconnu et se battre pour leurs vies.

Quelques dizaines de minutes passent, sur les visages la tension se lit au premier coup d'oeil, nul n'ignore que les enfers vont peut-être se déchaîner dans les secondes qui viennent. Buffy, Alex, Willow, Riley et Giles serrent nerveusement entre leurs mains leurs armes, sachant que de leur capacité à se servir de celles-ci dépendra l'avenir du monde et plus modestement leurs vies.

Mais il semble que le Scooby gang ait pris rendez-vous au mauvais endroit ce soir, en effet, deux Hummers noires roulent à pleine vitesse dans les faubourgs de Sunnydale, brûlant tous les feux rouges, et manquant à chaque instant de provoquer de multiples accidents. Les militaires ne se dirigent nullement vers la forêt mais vers le centre de la petite ville californienne.

Les lieutenants Panzer et Mokuji sont au volant de leurs engins, faisant la course dans le centre ville, ne ménageant pas leurs efforts pour prendre chacun l'avantage sur son estimé collègue.

Soudain, alors que les deux voitures sont lancées côte à côte à pleine vitesse, les deux conducteurs se défiant du regard, dans une ligne droite, un gamin s'élance sur la route, en hurlant, les Hummers font une embardée pour éviter ce fou, au passage les soldats comprirent quelques mots au travers du charabia baragouiné par le jeune : "couzin zinzin, couzin zinzin "hurlait-il tout en gesticulant de façon incompréhensible.
Les deux Hummers poursuivent leur course effrénée à travers la ville, les soldats ont vite fait d'oublier les propos incohérents du gamin, pour se reconcentrer sur leur mission.
Les jeeps, pénètrent dans le centre ville, et viennent s'arrêter dans un hurlement de pneus sur les pelouses du parc, arrachant l'herbe et laissant de profondes ornières.

Les soldats s'extraient rapidement de leurs véhicules, armes à la main, et se rassemblent autour des officiers pour prendre connaissance des ordres et de la mission du jour.
Les soldats attentifs boivent avec délectation les ordres de leurs chefs, ils savent que d'ici quelques minutes, ils déchaîneront les enfers et mettront une fois de plus en déroute leurs ennemis héréditaires.

Le soldat Gaylor, pour sa part, n'avait cure des ordres de ses supérieurs et était resté dans le Hummer à fumer une cigarette, il tirait bouffée sur bouffée et faisait des ronds avec la fumée bleutée qu'il exhalait. Puis décidant finalement de rejoindre ses coéquipiers, lentement il ouvrit la porte du véhicule et sauta à terre, il était uniquement vêtu d'un jean serré et il était torse nu. Lorsqu'il claqua la portière du Hummer, tous les soldats se retournèrent vers lui comme un seul homme.
Les femmes du groupe admirant sa musculature, se prirent à rêver d'une nuit de folie avec cet Apollon. Le soldat Vero, n'y tenant plus, se jeta littéralement sur le pauvre Gaylor qui n'en demandait pas tant. Elle lui empoigna une fesse d'une main et l'embrassa langoureusement tout en lui passant la main dans les cheveux.
- Prends-moi tout de suite, lui dit-elle, avec un sourire coquin.
Gaylor n'y tenant plus devant cette offre, venant d'une beauté fatale telle que Vero, renversa la fille sur le capot de la voiture et en un éclair lui retroussa sa jupe jusqu'à sa taille, il avait déjà la main dans sa petite culotte, prêt à lui faire découvrir des plaisirs interdits dans un tel lieu public, quand :
- On vous dérange peut-être ? tonna le lieutenant Panzer.
Les deux amants se retournèrent en direction des soldats et constatèrent à leur grand désarroi, que leurs compagnons d'armes n'en manquaient pas une miette.
- Eh bien je suppose qu'on peut tenir encore quelques heures, dit le soldat Vero tout en tentant de retrouver un habillement plus décent, avec néanmoins une petite moue déconfite.
- A la bonne heure, dit le lieutenant.
Les soldats Vero et Gaylor rejoignirent alors leurs coéquipiers pour la fin du briefing.
- L'opérateur Cube, vous a exposé que ce soir nous aurons à faire à ces immondes Trolls !
Les soldats, se remémorant sans doute quelques batailles épiques leur ayant coûté des amis dans la bataille, baissèrent les yeux, mais leur volonté n'était nullement atteinte.
- Comme vous le savez, reprit le lieutenant Mokuji, il existe deux types de Trolls, l'espèce velue est la plus commune et nous avons déjà eu l'occasion d'en mater plus d'un, ajouta-t-il avec un sourire carnassier.
- Mais ce soir, nous aurons affaire à des Trolls bien plus vicieux, ils sont d'aspect humanoïde et leur seul objectif est de nous détruire, nous les gardiens de le FAQ et de la Nétiquette.
- Exact, et d'après mes relevés, lieutenant, ils sont puissamment armés, et selon mes derniers calculs ces bestioles se baladeraient dans les alentours, je dirais même que nous sommes encerclés, lieutenant, précisa l'opérateur Cube.
- Je vous rappelle que ce ne sont pas des enfants de choeur.
- Nous non plus chef, dit une voix.
Cette déclaration fut accompagnée d'un grand éclat de rire au sein du groupe.
- Très bien, laissons-les approcher un peu, dispersez-vous et faites feu pour tuer bien évidemment, bon massacre, messieurs !
Les soldats ne se firent pas prier pour retrouver leur équipier habituel et partirent immédiatement dans le parc prendre position.

Chapitre 12

De l'autre coté de la ville, Graham et ses hommes de l'Initiative patrouillaient à la recherche des démons qu'ils avaient bêtement laissés s'échapper lors de la destruction de la base de l'Initiative.
- Finalement ces mystérieux soldats font notre boulot, releva un soldat.
- Vous trouvez soldat ? A mon avis ils font plus de grabuge qu'autre chose, répliqua Graham.
- Ils sont efficaces, eux, grommela pour lui-même le soldat.
- Vous disiez ? demande Graham avec un regard noir.
- Hum rien, je, je sifflotais, répondit le soldat l'air gêné.

La radio de l'équipe se mit à crachoter, l'opérateur sortit son appareil et écouta avec attention les informations diffusées.
- Chef on a un contact dans le centre, vers le parc de HighRoad, d'autres équipes sont déjà en route, dit l'opérateur radio.
- Très bien, nous y serons dans deux minutes, confirmez la position.
Les soldats se mirent en route vers le parc.

Chapitre 13

Dans le parc l'embuscade était prête, les Trolls n'avaient qu'à bien se tenir. Les deux lieutenants de l'équipe faisaient le tour des soldats placés sous leur responsabilité, inspectant armes et uniformes, sachant que le moindre détail pouvait faire basculer la bataille.
Le lieutenant Mokuji, à couvert d'un bosquet, se dirigea vers un soldat qui était assis immobile sur un banc placé sous un arbre, le soldat semblait inerte. Le lieutenant hésita avant de lancer l'alerte, et décida au contraire de prendre par surprise l'intrus qui avait bien pu avoir raison de la vigilance du soldat.
Mokuji, progressait doucement à couvert, surveillant le moindre recoin d'ombre, il arriva auprès du soldat qui ne portait plus son arme réglementaire. Un énorme poisson était posé en travers de ses genoux.
- Mais qu'est-ce que ?
- C'est le soldat Sonny, chuchota une voix, provenant d'un fourré.
Un soldat était parfaitement camouflé à quelques mètres de là et attendait patiemment qu'un Troll passe à proximité pour lui régler son compte.
- Et le saumon qu'est-ce qu'il fait là ? demanda le lieutenant dans un souffle.
- C'est une truite, chef.
- Une quoi ??? bien, bref soldat Sonny, où est votre arme réglementaire.
Le soldat Sonny resta muet comme une carpe.
- Il ne répondra pas, je pense chef.
- Je vous ordonne de répondre, Soldat, ou je vous ferai passer en cour martiale ! explosa le lieutenant Mokuji.
- Il est en mode Away, chef, expliqua la voix.
- Qu'il fasse ce qu'il veut après tout, mais je ne crois pas qu'un coup de truite puisse tuer un Troll, mais enfin passons. Surveillez-le et faites en sorte qu'il se mette en mode actif au bon moment.
- Bien chef, dit la voix.
Le lieutenant Mokuji continua son inspection, saluant et encourageant ses hommes avant la bataille, dont il savait qu'elle serait terrible.
 

Panzer et le soldat Armelle étaient embusqués dans un fourré, ils surveillaient les alentours, prêts à réduire en cendre le premier fou qui oserait s'approcher d'eux sans s'annoncer.
Soudain, quelque chose s'approchait d'eux à pas de loup, les deux soldats embusqués se  retournèrent d'un bloc en entendant une brindille craquer, prêt à faire front, mais à leur grand soulagement il s'agissait du soldat Sebb.
- Chef, dit-il en arrivant tout essoufflé, vous voulez un café ?
- Quoi, répondit le lieutenant Panzer complètement éberlué de cette proposition incongrue a ce moment critique.
- Un petit gâteau alors ???
- Vous vous foutez de moi soldat, répliqua sèchement le lieutenant.
- Euh non chef, répondit le soldat déjà moins assuré, mais je pensais que euh, vous voyez.
- Non je ne vois pas, et ne pensez pas soldat, ça nuit à votre capacité de destruction !
- C'est noté chef, dit le soldat qui s'apprêtait à quitter son chef, sans doute pour finir sa tournée des popotes.
- Soldat, dit sèchement le lieutenant, vous restez ici, fini de jouer les maîtresses de maison, on va casser du Troll, ajouta le chef avec un sourire à vous glacer le sang.
Alors même que le soldat Sebb achevait de prendre position, un autre soldat débarqua dans le trou à rat dans lequel les hommes étaient planqués.
- Quoi encore ?
- J'ai entendu parler de café chef, alors je me suis dit qu'il y avait forcément une serveuse dans le coin !
Le  jeune homme regardait de toutes parts, l'oeil allumé, prêt à sauter sur toute ravissante créature munie d'un plateau, car c'était chez lui une obsession.
- Soldat Yefka, combien de fois faudra-t-il vous le dire, le soldat  Sebb ressemble-t-il le moins du  monde à Claudia Schiffer ?
Le soldat Yefka avec un air dépité regardait le soldat Sebb, tout en se demandant au fond de lui même si la serveuse n'avait pas déjà quitté les lieux subrepticement. Méfiant, il ne voulait pas lâcher sa future  proie.
- Cessez de rêvasser, Soldat, à la fin !

Les Quatre soldats se re-postèrent en embuscade, scrutant les environs, et
attendant patiemment leurs ennemis, prêts à les réduire en charpie.

A suivre...