
RESUME : Parfois le passé redevient très présent. Alors vos souvenirs peuvent finir par ressembler à vos pires cauchemars. Une fois de plus Buffy va devoir affronter son destin.
Buffy & Angel Fanfic Awards 2000 : meilleure fanfic, meilleur scénario et meilleure fanfic dramatique.
Cela faisait deux semaines maintenant que Willow était partie
rejoindre ses parents en Europe, Alex avait trouvé un petit
boulot de serveur et devait se lever aux aurores, Angel n'était
plus là et Buffy se sentait un peu seule et
déprimée. Ce soir là elle partis faire une ronde
au cimetière, et se surpris à espérer y trouver
quelques vampires afin de se défouler un peu.
- Mon dieu voilà que je commence à réagir comme
Faith !
La dernière fois qu'elle avait vu Faith c'était sur son
lit d'hôpital, parfois se souvenir provoquait chez elle un
sentiment de remords. Elle continuait de penser qu'elle n'avait pas eu
d'autres choix mais, elle savait aussi que tout n'était pas
encore clair dans son esprit.
Heureusement un craquement sec interrompis son début
d'introspection.
Buffy se retourna et vit une ombre se déplacer non loin d'elle.
Elle prit son élan et couru dans sa direction. Elle put
clairement distinguer le vampire, elle pris alors appui sur une tombe
et sauta sur le vampire en projetant sa jambe au niveau de sa
tête. Fort agilement celui-ci évita le coup de la tueuse
Surprise Buffy retomba lourdement sur le sol, elle eut peur
d'être attaquée dans cette mauvaise posture et se retourna
rapidement sur le dos. Le vampire n'avait pas essayé de profiter
de la situation.
- Buffy Summers ?
Sans l'écouter Buffy se releva prestement et l'attaqua à
nouveau. Une fois de plus il l'esquiva relativement facilement et se
contenta de la projeter contre un tronc d'arbre.
- Buffy Summers, serait-il possible de discuter sans que vous vous
agitiez en tous sens comme cela ?
Pour la première fois elle le regarda avec un peu d'attention,
son visage avait rapidement repris forme humaine, il était grand
et plutôt beau gosse. "A non ça ne va pas recommencer !" se
reprit-elle immédiatement.
- Et... de quoi voulez-vous parler ?
- De vous ! je vous savais bagarreuse mais à ce point...
- C'est à dire que c'est un peu mon métier !
- Tsss Tss Vous l'étiez bien avant que vos pouvoirs ne soient
activés.
- Qu'est ce que vous en savez ? Répliqua-t-elle, agressive.
- J'ai bien connu votre cousine.
- Ma cousine !!! Elle est morte il y a près de quinze ans.
- Et moi j'ai près de 200 ans alors...
- Un monstre la tuer à l'hôpital.
- Je sais cela aussi. Il s'appelait Kindestod
- !!!
- Bon l'endroit n'est pas propice aux discussions entre amis et je vous
sens encore énervée. Alors voilà ce que je vous
propose. Vous vous souvenez de cette usine désaffectée
où vous avez laissé quelques souvenirs ? Dit-il en
souriant. Retrouvez-moi là-bas demain soir.
- Je ne suis pas votre ami.
- Tsss Tss A demain.
Elle le regarda s'éloigner, interloquée et relativement
déstabilisée.
Buffy sortit d'une nuit agitée, peuplée de cauchemars
et du souvenir de sa cousine. Elle décida d'aller voir Giles
mais, arrivée devant chez lui, elle trouva porte close. Giles
s'absentait fréquemment ces deniers temps. Officiellement il
parcourait le pays à la recherche de livres dont il pourrait
avoir besoin, mais intuitivement Buffy présentait qu'il
s'agissait d'autre chose.
La jeune fille passa la journée à s'entraîner. Elle
gardait, en effet, un mauvais souvenir de son dernier combat, et puis
l'effort physique lui permettait de ne pas trop tourner dans sa
tête.
La nuit commençait à tomber et Buffy se dirigea doucement
vers l'ancienne usine désaffectée. Au fur et à
mesure qu'elle s'approchait, les souvenirs liés à ses
aventures avec Angel resurgissaient et ses émotions
commencèrent à l'étreindre. Elle respira
profondément et se reprit en songeant que c'était
justement ce que son "rendez-vous" du soir escomptait. Elle
pénétra enfin dans l'usine. La pièce était
éclairée à la lumière des chandeliers, ce
qui provoque un jeu d'ombre inquiétant auquel la jeune fille
était néanmoins fort habituée. Le vampire de la
nuit précédente l'attendait effectivement. Il semblait
être seul, assis dans un fauteuil "ancien style", recouvert d'un
velours rouge profond, dont elle se demanda ce qu'il faisait là.
Un autre fauteuil l'attendait et son hôte lui fit signe de
s'asseoir.
- Souhaitez vous boire quelque chose ?
- Non merci.
- Vous avez tord j'ai ici un excellent champagne.
- Vous ne m'avez pas fait venir ici pour me faire partager un verre
d'alcool gazeux ! répondit-elle sèchement, sentant
l'énervement la regagner.
- Tsss Tss... les tueuses américaines... je ne m'y ferais
jamais... aucun savoir vivre !
- ...
Il but une gorgée avec délectation puis reprit
- Comme je vous le disais hier, j'ai bien connu votre cousine. Une
enfant charmante, il m'arrivait de la rencontrer en début de
soirée, lorsque les jours raccourcissent, dans le jardin
où vous jouiez parfois ensemble.
- Elle savait ce que vous étiez ?
- Avec elle j'avais toujours le visage que vous voyez en ce moment,
mais elle avait des pouvoirs parapsychiques extrêmement
développés et il ne fait aucun doute qu'elle ait toujours
su que j'étais un vampire.
- Vous ne l'avez jamais attaquée
- Tsss Tss je sais me tenir MOI.
- Où voulez-vous en venir exactement ?
- A la mort de cette petite.
- Elle a été tuée par un démon du nom de
Kindestod, que j'ai moi-même tué quelques années
plus tard. Point final, fin de l'histoire. Sur ce, je rentre chez moi !
Dit-elle en se levant de son fauteuil.
- Sauf que pour votre cousine je ne pense pas que le Kindestod ait agi
pour son propre compte.
Buffy se rassit et le vampire continua
- Votre cousine avait des dons très particuliers, elle avait
percé à jour la vraie personnalité d'un être
qui a ensuite ordonné au démon de la tuer.
- Qui a fait ça?
- Faust
- Faust !!!!
- C'est ainsi qu'il se fait appeler dans notre milieu. Un nom d'emprunt
assurément.
- Et j'imagine que vous savez où je peux le trouver.
- Non justement mais je sais qu'il a ordonné un autre meurtre
ici a Sunnydale, celui d'un certain M. Dressler
- Et vous souhaitez que l'on évite ce meurtre
- Je me fous de ce M. Dressler mais si l'on attrape le démon qui
va essayer de le tuer, cela nous permettra peut être de retrouver
Faust
- Pourquoi tenez-vous tant à venger le meurtre de ma cousine ?
- Vous n'y êtes pas du tout je tiens juste à me venger de
ce Faust. Puis il ajouta un sourire aux lèvres. Rassurez vous je
n'ai pas d'âme humaine MOI.
Buffy avait de plus en plus l'impression d'être manipulée,
elle détestait ce vampire qui connaissait tout d'elle, et elle
rien de lui.
- Et pourquoi accepterais-je de vous aider ?
- Parce que, comme vous me l'avez dit hier tuer les démons, est
votre métier, et puis vous étiez très
attachée à votre cousine n'est-ce pas ?
Buffy ne répondit pas, elle se leva et se dirigea vers la
sortie. Il ne la retint pas.
Au dernier moment elle se retourna
- Je ne connais même pas votre nom.
- Entre nous, dit-il avec un sourire, appelez-moi Méphisto.
- AH! AH!
Buffy était bien trop énervée pour rentrer se
coucher, elle avait besoin de parler à quelqu'un. Giles
n'était pas là, elle décida donc de se rendre chez
Alex il n'était que 4 heures du matin, cela lui laissait un peu
de temps avant qu'il n'aille travailler.
C'est un Alex plus que comateux qui lui ouvrit la porte.
- Buffy ! Mais tu ne dors jamais
- Tu as remarqué aussi, je peux entrer ?
Buffy lui raconta toute l'histoire, elle n'était pas très
sure de l'attention de son ami mais, elle avait besoin d'en parler.
- Alex tu m'écoutes, Faust ça te dit quelque chose
- C'est pas un bouquin de Freud.
- De Goethe répliqua sèchement Buffy qui n'avait pas eu
son diplôme pour rien.
- Freud, Goethe c'est un vieux bouquin quoi.
- Ouais, et Dressler tu en as entendu parler ?
- Il me semble avoir lu quelque chose dans la presse locale. Ce serait
un très riche industriel qui s'est installé
récemment a Sunnydale.
- Tu peux me trouver son adresse.
Alex consulta un annuaire
- 666 Knittlingen street. Il y a eu une invasion allemande à
Sunnydale ?
- J'en sais rien Alex, je ne comprends pas grand chose à cette
histoire, mais j'ai bien l'intention de comprendre.
Buffy était toujours aussi énervée, elle se
sentait de plus en plus manipulée et ce soi disant
Méphisto tout en suffisance ne lui inspirait aucune confiance.
Il y avait maintenant plus de deux heures que Buffy faisait les cents pas devant la maison de Dressler. C'était une très belle propriété, entourée d'un magnifique parc. La jeune fille n'avait pas l'habitude de passer des heures à observer, inactive, et elle commençait à s'ennuyer ferme lorsqu'elle vit Xander la rejoindre.
En arrivant près d'elle il émit un petit sifflement
- Belle maison
- On peut le dire Xander.
- Tu imagines combien d'année de pourboires il me faudrait pour
m'offrir une baraque comme celle-là ?
- Non, je n'imagine pas.
- C'est bien ce que je craignais.
Soudain le portail s'ouvrit, une grande Mercedes noire s'engouffra
à l'intérieur, mais ni l'un ni l'autre ne purent
distinguer le moindre visage à travers les vitres
teintées de la limousine.
Les deux amis attendirent que la voiture fut garée dans le
parking, ainsi que de voir s'allumer une des pièces de la
maison, pour pénétrer dans le parc en escaladant le mur.
Ils se tinrent à une certaine distance afin de ne pas être
repérable.
- Qu'est ce qu'on fait maintenant ? S'impatienta très vite
Xander.
- Ben je sais pas, si j'en crois Méphisto on attend un
démon sensé venir le tuer.
- Super, remarque que j'ai rien contre de passer mes nuits avec toi
dans les parcs.
- Xander tu ne pense vraiment qu'a ça !
- Ben, tu sais, on est là au milieu d'un parc à attendre
on ne sait trop quoi... alors forcément j'ai l'imagination
vagabonde.
Elle ne put s'empêcher de sourire. Tout à coup un
violent éclair provenant de la maison illumina tout le parc.
Buffy et Alex se regardèrent puis se précipitèrent
vers la demeure. La porte principale était fermée
à clef et avait l'air solide, sans hésiter la jeune
tueuse brisa d'un coup de pied une des baies vitrées donnant sur
le séjour, puis pénétra à
l'intérieur. Alex la suivi plus timidement.
Bizarrement, tout était calme. Ayant vu la lumière
provenir de l'étage, Buffy pris l'escalier pour montait au
premier. Elle arriva dans un salon, essaya de le parcourir du regard,
mais il faisait très sombre. Elle réussit à
trouver un interrupteur et voulut allumer la pièce. Peine
perdue, l'électricité était coupée ou les
plombs avaient sauté.
Elle se dirigea doucement vers une autre pièce dont la porte
était entrouverte, y pénétra. Il s'agissait
visiblement de la chambre du maître des lieux. Une forme sombre
semblait étendue sur le lit. Méfiante, Buffy s'approcha
prête à combattre. Dans la pénombre elle ne pouvait
pas distinguer les traits de visage du corps inerte. Lorsqu'elle fut
suffisamment prés, elle s'aperçut que même en
pleine lumière, plus personne ne pourrait distinguer les traits
de M. Dressler. C'est comme s'il avait reçu la foudre en pleine
figure. La jeune fille fit une grimace de dégoût. Sur une
petite table, a coté du lit, se trouvait une bougie
parfumée ainsi qu'une boite d'allumettes. Sans hésitation
elle alluma la bougie. Aussitôt la lumière se
précipita sur une petite photo encadrée. Le regard de
Buffy s'accrocha tout de suite a cette photo représentant une
petite maison pavillonnaire entourée d'un jardin. Elle
ressemblait étrangement a la maison de son enfance, le
même jardin, les même fenêtres mansardées, il
ne manquait rien, pas même les Vasistas où elle aimait
tant regarder le soleil montait vers le ciel, durant cette
période insouciante de sa vie.
Buffy fut interrompu dans ses rêveries par un cri de Xander
suivit d'un nouvel éclair provenant du salon d'à
coté. Accourant au secours de son ami, elle se trouva nez a nez
avec un drôle de démon relativement petit. Ils furent
visiblement aussi surpris l'un que l'autre, mais la jeune tueuse, plus
rapide, lui décocha un coup de pied et il s'écroula
quelques mètres plus loin. Au moment où elle
fonçait à nouveau vers lui pour l'achevait, elle entendit
la voix de Xander.
- Attention ! C'est la fée électricité ce machin
là.
Et, effectivement, surgit au même moment des mains du
démon, un éclair qui passa heureusement juste au-dessus
de la jeune fille. Ne cherchant visiblement pas a en découdre le
démon courut en direction de l'escalier. Toujours aussi vive,
Buffy s'élança à nouveau vers lui et essaya de lui
donner un second coup de pied. Celui ci ne le percuta pas très
violemment mais, cela suffit à le déséquilibrer et
à entraîner sa chute dans l'escalier.
Légèrement étourdit, il poursuivit sa fuite vers
un autre escalier qui descendait au garage, puis se précipita
vers la porte close de celui-ci. Lorsque à son tour Buffy entra
dans le parking, il décocha un nouvel éclair qu'elle avait
cette fois parfaitement anticipé. La tueuse se cacha
derrière la Mercedes et observa le petit démon essayait,
fort maladroitement, d'ouvrir la porte. Elle cherchait comment
l'arrêter sans prendre un coup de foudre dont elle avait vu
l'effet dévastateur sur le pauvre Dressler. Soudain elle eut une
idée. Ayant repéré un tuyau d'arrosage,
branché à un robinet de l'autre coté de la
voiture, elle contourna lentement celle-ci, en se tenant toujours hors
de porté du Démon. Croyant le moment venu elle bondit
hors de sa cachette pour atteindre le tuyau. Mais le démon
repéra sa manoeuvre et, comprenant ce qui risquait d'arriver, il
se retourna vers elle, visiblement décidé à
l'affronter.
Fort opportunément, c'est le moment que choisit Xander pour
pénétrer à son tour dans le garage. Son intrusion
détourna un instant l'attention du démon et, cela suffit
à la jeune fille pour ouvrir le tuyau d'arrosage et l'asperger
violemment. Visiblement il n'aimait pas l'eau. Les deux amis
s'approchèrent du corps allongé sur le sol. Il
était entièrement noirci, comme calciné, de ci de
là on pouvait apercevoir quelques étincelles, et
l'ensemble dégagé une fumée relativement
nauséabonde.
- Comment tu va Xander, s'inquiéta Buffy
- ça va, et toi ?
CLAP Clap CLAP Clap CLAP
Très synchrones, ils se retournèrent vers les
applaudissements. A l'entrée du garage se tenait un homme.
Malgré la pénombre Buffy reconnut tout de suite la
silhouette élancée de Méphisto, et ne put
s'empêcher de lui trouver belle prestance. Celui-ci se dirigea
sans un mot vers une petite boite accrochée au mur, l'ouvrit et
remis les plombs.
- Et la lumière fut, ajouta-t-il, visiblement ravi de son effet.
Il s'approcha à son tour des restes du démon
- Décidément jeune fille, là où vous passer
tout trépasse. Comment comptait vous l'interroger maintenant?
Buffy se contenta de lui répondre par une grimace qui le fit
sourire. Il la dévisagea ostensiblement de haut en bas, elle
portait un pantalon de cuir extrêmement moulant et un tee-shirt
à manche courte trop court pour masquer son nombril. Il repris
la parole.
- En tout cas, vous êtes très belle dans la bagarre... La
beauté du Diable en quelque sorte...
- Vous parlez trop le coupa Buffy. Allons fouiller cette maison pour
voir si nous pouvons trouver quelques renseignements sur votre Faust.
Ils remontèrent tous les trois. Immédiatement Buffy
retourna dans la chambre de Dressler pour revoir la photo du pavillon.
Pas de doute, il ressemblait à s'y méprendre à
celui de son enfance. Il y avait un tiroir en dessous de la petite
table, elle l'ouvrit afin de chercher d'autres photos. Elle en trouva
effectivement une. Celle ci avait été prise dans le
jardin. La jeune fille commençait à se sentir mal
à l'aise. Cette fois elle n'avait plus de doute, elle reconnut
parfaitement la balançoire où elle aimait tant s'amuser
avec sa cousine Célia.
Une fois de plus Xander l'interrompit.
- J'ai trouvé s'écria-t-il
Il avait dans les mains un petit calepin dans lequel on pouvait lire
l'adresse d'un certain Faust à Los Angeles.
- Ou est Méphisto ? lui demanda Buffy
- Je sais pas. Il s'est évaporé comme il est venu.
Devant l'air soucieux de la jeune fille il crut bon d'ajouter
- Je te rappelle que la dernière fois que tu t'es
accroché à l'air énigmatique d'un vampire, cela a
mal tourné.
- Ca va ! Xander
Buffy lui pris des mains le calepin.
- Qu'est ce que tu comptes faire ?
- Aller à Los Angeles, lui répondit-elle
- Comme ça tout de suite, sans attendre le retour de Giles.
- Dès mon arrivé je te préviendrai pour que tu lui
donne l'adresse de mon hôtel.
- Et ta mère
Buffy n'y avait même pas pensé
- Je la préviendrai à mon retour
- Ca lui fera plaisir répondit-il, sarcastique. Tu as un peu
d'argent au moins ?
- Non, tu pourrais me dépanner, tu as touché ta semaine
de paye aujourd'hui.
Xander poussa un soupir mais sorti effectivement une enveloppe de sa
poche.
- Combien tu veux ?
Elle lui arracha l'enveloppe des mains et ajouta avec son plus beau
sourire.
- Tu es un chou.
- Bien sur et avec un coeur d'artichaut de surcroît, un vrai
potager à moi tout seul.
Buffy avait choisi de se rendre à Los Angeles en car, afin d'économiser un peu d'argent. Le voyage était long mais il lui permettrait tout de même d'arriver en début de soirée. Lorsqu'elle aperçut les faubourgs de la ville, Buffy comprit qu'elle avait dormi durant la plus grande partie du trajet. Son sommeil avait été plutôt agité, peuplé de souvenirs d'enfance où elle se revoyait jouant à la balançoire avec Célia, mais aussi de rêves plus étranges où ses émotions vis à vis de Méphisto oscillaient dangereusement entre la répulsion et l'attirance. Des rêves habités de menaces inconnues qui lui laissèrent un goût amer d'angoisse à son réveil.
La nuit venait de tomber sur la ville lorsque le car s'arrêta
dans la gare routière. Pour Buffy, cette ville réveillait
des parfums contrastés : son enfance, bien sur, mais aussi le
jour où Merrick lui fit prendre conscience de sa destiné,
avant de se suicider, l'incendie du gymnase, sa fuite après
avoir dû exécuter Angel. Angel qui s'était à
son tour réfugié ici après leur séparation.
Angel ! Allait-elle passer le voir ? Cela la surprit presque de ne pas
s'être posée la question plus tôt ! Serait-elle en
train de guérir ? Pas si sur, elle n'avait fait que quelques pas
dans le hall de gare, qu'elle sentait déjà sa
présence. Elle parcourut le lieu du regard, et le
découvrit effectivement, à demi dissimulé
derrière une colonne. Que faisait-il là ? Comment
avait-il su ? Elle se dirigea résolument vers lui; lui ne
bougeait pas, comme figé.
- Que fais-tu ici ? Tu m'espionnes maintenant ?
- Je suis venu à ta rencontre...
- Et tu as rencontré une colonne ! L'interrompit-elle, moqueuse.
Puis elle repris, agressive.
- Qui t'a prévenu de mon arrivée ?
- J'ai appelé chez toi... Je voulais te parler, ta mère
avait été mise au courant de ton départ par Xander,
elle me l'a dit, voilà tout.
- Ben les nouvelles vont vite... sinon ça va la vie ?
Angel ne releva pas.
- J'ai peur pour toi Buffy.
- Tu sais, je suis une grande fille maintenant. Répondit-elle
sans se départir de son ironie.
- Je sais pourquoi tu es ici, et je pense que tu ne devrais pas...
- Que sais-tu au juste ?
- Que tu es venue rencontrer Faust.
- Qui est-il ? Tu le connais ?
- Très peu... et beaucoup trop !
Cette fois la jeune fille explosa.
- Mais c'est pas vrai ! C'est un sport national le rébus chez
les Vampires !
- Ecoute Buffy, il faut parfois ne pas chercher à savoir.
- Désolé Angel, mais je n'ai pas l'habitude de fuir face
aux difficultés, moi ! Je veux savoir. Je veux comprendre.
- Attention parfois plus on sait et moins on comprend.
Cette fois la jeune fille ne voulut pas prolonger cette discussion.
Buffy recula lentement pour reprendre son sac. Ils ne se parlaient plus
que par leurs regards, et Buffy savait pertinemment que ses yeux ne
tenaient pas le même discours que ses mots. Pour couper court
à cet échange aussi, elle se retourna d'un coup et couru
presque, jusqu'à la sortie de la gare.
Elle prit une chambre dans un petit hôtel puis appela Xander
.Celui-ci lui apprit que Giles était rentré et qu'il
allait l'informer. Elle arriva à l'adresse indiquée sur
le carnet qu'Alex avait trouvé chez Dressler. Il s'agissait
d'une somptueuse villa près de Beverly Hills.
Décidément cette aventure la changeait des cryptes et des
cimetières ! Sans aucune hésitation elle escalada le mur
de l'enceinte et sauta dans le jardin qui entourait la maison. Tout
paraissait calme, aucune lumière d'allumée. Buffy brisa
une vitre afin de s'introduire à l'intérieur. Elle avait
cette fois pris la précaution d'emporter une lampe torche afin
de ne pas trop éveiller l'attention. Dans le faisceau de
lumière apparu ce qui devait être une grande salle de
réception, elle fut tout de suite frappée par la
dureté et la froideur du lieu, la propreté, l'ordre qui y
régnaient, semblaient quasiment clinique, les peintures
accrochées aux murs n'étaient qu'abstraction
géométrique, les couleurs étaient froides et dures,
les meubles n'étaient qu'angles. Sous une grande double porte
perçait une pâle lumière. Buffy eut soudainement
peur de ne pas être seule, elle ouvrit doucement l'un des
battants. Elle découvrit une immense armurerie,
éclairée par la lune qui perçait à travers
une somptueuse verrière. Les armes exposées semblaient
sorties d'un musée. Sabres, épées, haches
formaient une couronne d'acier autour d'un magnifique sol en marbre. La
jeune tueuse poursuivit son exploration à l'étage,
parcourant des pièces par trop semblables. Il était
difficile d'imaginer un démon dans cet endroit, mais Buffy avait
également du mal à y voir trace d'une âme humaine,
tant tout lui semblait dénué de passé, d'histoire.
Au fond d'un couloir la tueuse trouva une porte fermer à
clefs. D'un violent coup de pied elle parvint à faire sauter la
serrure. La pièce était plongée dans le noir le
plus absolu, il n'y avait visiblement pas de fenêtre. Cette fois
elle décida d'allumer l'interrupteur.
Lorsque la lumière jaillit, la foudre s'abattit sur la jeune
fille. Durant sa courte existence, elle eut l'occasion de voir maints
monstres et démons, plus terrifiants les uns que les autres,
mais les photos qui l'entouraient maintenant, la
tétanisèrent instantanément. C'est comme si son
sang s'évacuait dans un monstrueux tourbillon, emportant avec
lui toutes les images de sa vie; Célia tournoyait sur la
balançoire du jardin poursuivit par le Kindestod, l'incendie du
gymnase se superposait au suicide de Merrick , le lycée de
Sunnydale, le bon regard de Giles, ses larmes qui emportaient le corps
de Jenny , le doux sourire de Willow se transformait en vampire, le
visage de la mort se confondait avec celui du maître, l'explosion
du bonheur dans les bras d'Angel, leurs corps enlacés puis
transpercées d'un coups de sabre, les yeux de Faith remplis de
peur face à Kakistos puis de stupeur lorsque le poignard la
pénétra, la rencontre avec Méphisto... La tornade
qui s'était emparé de ses émotions emportait
pièces par pièces le puzzle de sa vie , l'air lui
manquait, le sol se dérobait, elle était entourée
de mille photos qui, toutes, lui renvoyaient la même image.
L'image de Faust, de ce démon qui n'en était pas un et
qui n'était autre que... son Père !
Buffy errait dans les rues de la ville, sans savoir où elle allait. Elle s'était littéralement enfuit de la Villa. Elle ne s'était jamais sentie perdue à ce point. Elle avait pourtant connu la peur ultime, celle de la mort, avant d'affronter le maître. Elle avait aussi connu le désespoir absolu lorsqu'elle dut tuer son amant, mais jamais elle n'avait été envahie par cette sensation de néant. Elle avait l'impression d'avoir perdu toute identité, de n'être plus qu'une marionnette dont on tirait les fils, elle sentait mille questions la torturer sans arriver encore à en formuler ne serait-ce qu'une seule. Soudain elle se rappela de sa conversation avec Angel lors de son arrivée à la gare routière. Que savait-il au juste ? Pourquoi avait-il encore fallu qu'il parle à demi-mot ? Elle se résolut à aller le voir.
Angel vivait momentanément dans un vieil appartement donnant
sur une cour étroite, qu'il avait vaguement
réaménagé. Dès qu'elle arriva, il fût
frappé par l'expression hébétée de son
visage, elle avait l'air totalement perdue.
- Buffy...
Il ne trouva pas de mots et s'approcha d'elle pour la prendre dans ses
bras. Son contact fit, à la jeune fille, l'effet d'un
électrochoc. Elle se recula brusquement pour s'écarter de
lui, d'un coup son regard devint agressif.
- Tu savais, tu savais, répéta-t-elle, la voix
tremblante. Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?
- J'ai essayé de te mettre en garde.
- Mais pourquoi m'avoir caché que c'était mon p.... Sa
phrase se bloqua dans sa gorge. On sentait qu'elle faisait des efforts
surhumains pour ne pas sombrer totalement. Elle finit par se reprendre
et le fixa droit dans les yeux.
- Depuis quand savais-tu ?
- ...
- Depuis quand ? Hurla-t-elle
- Longtemps, Buffy, longtemps, mais quelle importance cela a,
aujourd'hui ?
- Quelle importance ? Mais oui c'est vrai ça, quelle importance
que tu m'aies menti, trahi pendant toutes ces années ! Quelle
importance d'avoir combattu les forces du mal, Vampire, Démon et
que sais-je encore, en oubliant de me dire que tout ça n'avait
pour but que de me préparer à l'affronter lui, lui qui
m'a donné la vie, lui qui...
- Buffy, Buffy tu interprètes... tu... tu devrais te reposer,
ensuite on pourra réfléchir.
- Me reposer ! On ! Angel il n'y aura plus jamais de on, je n'aurai
plus jamais confiance en toi.
Elle le repoussa violemment contre le mur puis ressorti dans les rues
de Los Angeles où elle marcha toute la nuit comme si elle
essayait de fuir ses propres pensées.
Elle finit par regagner son hôtel au petit matin. Elle se
dirigeait vers la réception lorsqu'elle aperçut Giles
assis dans un vieux fauteuil des années 70, qui meublé un
semblant de salon à l'entrée de l'hôtel. Celui-ci
connaissait trop bien sa jeune protégée pour ne pas
remarquer tout de suite le désarroi qui c'était
emparé d'elle. Il se leva pour l'accueillir.
- Buffy que s'est-il passé ?
- Oh ! Giles je suis si contente de vous voir c'est... c'est mon
père... j'ai appris...
L'observateur retomba dans son siège, il semblait mal à
l'aise enlevant et remettant ses lunettes nerveusement.
- Oh mon dieu, tu l'as donc appris !
Une fois de plus la jeune tueuse accusa le choc, cette fois c'est sur
elle voulait mourir, elle le fixait, bouche et yeux grands ouverts avant
de s'écrouler à son tour dans un fauteuil.
- Vous aussi vous saviez ?
- Oui mais tu sais, je l'ai appris par hasard...
Buffy ne répondit rien elle avait l'impression que quelqu'un
s'amusait à briser ce qu'il restait des ruines de sa vie. Devant
l'anéantissement de la jeune fille Giles essaya de continuer.
- Ecoute j'ai hésité à t'en parler, j'avais peur
que cela te perturbe et nous avions des enjeux trop important à
l'époque
- ...
- Je sais bien que ta vie n'a rien d'ordinaire, mais tu es encore jeune
et ces choses là ne sont pas si simple... Franchement je crois
que tu ne devrais pas juger trop vite ta mère.
- Ma mère ! Hurla Buffy cette fois c'était trop ! Qu'est
ce qu'avait bien pu faire sa mère !
- Oui, tu sais que j'ai été relativement euh... comment
dire... intime avec elle suite à l'absorption de ces bonbons
maléfiques et elle m'a raconté des choses.
- Que vous a t- elle dit ? Parlez Giles !
- Elle m'a simplement raconté comment ton père l'a
délaissé et comment... c'est très gênant tu
sais. Enfin, comment elle en était arrivée à le
tromper avec cet homme !
La jeune fille éclata d'un rire violent, stupéfiant son
interlocuteur, en d'autre circonstance cette nouvelle l'aurait
certainement énervée voir perturbée, mais
là elle l'a remplissait de joie. Giles, lui, ne l'avait pas
trahi, il était toujours son observateur, son confident, son...
- Il ne s'agit pas de cela Giles reprit-elle en le regardent
amicalement.
Elle lui raconta toute l'histoire, il avait l'air sincèrement
surpris. Il lui raconta ce qu'il savait de la légende de Faust,
mais il ne put pas lui apprendre grand chose de plus. Cela ne faisait
rien le simple fait de pouvoir discuter avec lui calma quelque peu la
jeune fille, qui s'effondra peu à peu de fatigue. L'observateur
l'a pris par les épaules et l'aida à monter
jusqu'à sa chambre. Elle s'allongea sur le lit et sombra
rapidement dans un sommeil comateux. Giles ramena tendrement le couvre
lit sous son menton puis alla à son tour se coucher.
Elle dormit près de dix heures d'un sommeil agité,
lorsqu'on frappa à la porte de sa chambre.
- Giles cria-t-elle
- Non c'est la réceptionniste, madame.
Elle ouvrit la porte.
- Bonsoir Madame voici une lettre que l'on a déposée pour
vous.
- Qui ça ?
- Je ne sais pas un homme, Madame.
- Comment était-il ?
- Un bel homme précisa la réceptionniste en rougissant,
bien habillé d'un costume sombre avec des yeux très
clairs.
Méphisto pensa tout de suite Buffy. Elle remercia la femme puis
arracha l'enveloppe plus qu'elle ne l'ouvrit.
Chère Ange
J'ai appris, non sans regret, qu'une rencontre que j'avais tant espérée n'a pas eu lieu hier soir. Quel dommage que vous vous soyez enfui. Ce qui est écrit de votre sang commun doit pourtant faire Foi. Je ne vous en veux pas, je vous aime bien trop pour ça, néanmoins afin de vous encourager dans une voie, maintenant inévitable, je me suis permis d'enchaîner dans ce lieu, devenu familier pour vous, un de vos vieux amis auquel j'espère vous tenez encore quelque peu. De là où il est, il pourra profiter, d'ici quelques heures des premiers rayons de soleil à travers l'une des plus magnifiques verrières de la ville.
J'espère que ce petit mot d'encouragement vous incitera à plus de ténacité.
Bien sincèrement.
Méphisto
Buffy resta encore quelques secondes devant la lettre. Quoiqu'elle ait pu lui dire, elle tenait encore à Angel, et puis elle avait admis que son destin se trouvait dans cette villa, qu'elle dût le combattre ou le subir.
Buffy retourna dans la grande propriété. Elle n'eut aucun mal à s'introduire de nouveau à l'intérieur. Elle avait l'impression d'agir comme un robot, comme si tout ce qui allait se passer était inévitable. Elle se dirigea vers la salle d'arme, ouvrit doucement la porte. Angel était là, enchaîné sous la verrière. Il la vit arriver et cria presque.
- Tu n'aurais pas du venir Buffy.
- C'est ça et je t'aurai laissé prendre le bain de soleil
de tes rêves.
- Il peut arriver d'un moment à l'autre.
- Mon pauvre Angel, après 250 ans tu n'as toujours pas compris
que la fuite ne résolvait rien.
Elle parcourut du regard les armes fixées tout autour de la
salle, puis se saisit d'un long sabre étincelant qui lui semblait
robuste. D'un geste précis, elle frappa la chaîne qui
retenait le poignet droit de son ancien amant, celle ci se brisa net.
Elle en fit de même pour les trois autres. Une fois
libéré. Il voulut immédiatement l'entraîner
au dehors
- Non, cria-t-elle.
Au même moment la porte de la salle de garde s'ouvrit, il
apparut. Immédiatement Angel voulu s'interposer et
s'avança vers lui menaçant. Il n'eut qu'un geste de la
main à faire pour projeter violemment le vampire contre le mur
opposé. Sous la violence du choc Angel s'évanouit.
Immédiatement Buffy voulu secourir son amant et se projeta
à son tour vers son père, lui décochant un coup de
pied qui le propulsa à terre. Elle voulut poursuivre son assaut
mais, une force extrêmement puissante la repoussa et la plaqua
contre le mur.
La force qui la maintenait contre le mur lui interdisait tout
mouvement.
- Papa, murmura-t-elle
Il s'était relevé et se tenait maintenant face à
elle
- Pourquoi ? articula-t-elle péniblement.
La puissance qui l'étreignait décrut sensiblement. Ils
restèrent de longues secondes à se regarder sans pouvoir
prononcer la moindre syllabe. Finalement il réussit à lui
parler.
- Je n'ai jamais voulu cela Buffy. Au début... les mots
semblaient difficiles à trouver... Au début, reprit-il,
je n'ai souhaité que réaliser mes rêves. Tu sais
j'avais beaucoup d'affection pour ta mère et pour toi mais, au
fond de moi j'aspirais à une autre vie. Alors quand j'ai compris
ce que pouvait m'apporter ce pacte, la richesse, la puissance, j'aurais
fait n'importe quoi pour y parvenir.
- Jusqu'à tuer !
- Non, non s'insurgea-t-il, je ne voulais pas cela
- Mais tu as tué. Retrouvant son souffle, elle cria presque. Tu
as fait tuer Célia !
- Je n'avais pas le choix chérie.
- Elle n'avait que huit ans, hurla-t-elle cette fois.
- Elle savait bredouilla-t-il, elle avait un pouvoir, quelque chose
comme de la télépathie, elle savait, je n'avais pas le
choix, je n'avais pas le choix, répéta-t-il comme pour
mieux s'en convaincre.
- Mais tu as pensé à nous, à moi, à maman.
- Si j'ai pensé à toi ! Des larmes commençaient
à couler sur son visage et cette apparente faiblesse contrastait
avec cette puissance qui enserrait sa fille.
- J'ai loué notre maison à Dressler en lui demandant de
ne rien toucher afin que l'on puisse s'y retrouver parfois, je lui ai
demandé de faire suivre le courrier, de me retransmettre
immédiatement tes messages téléphoniques, j'ai...
j'aurais tellement voulu que tu ne saches jamais rien. Dressler a
découvert mon secret puis il m'a fait chanter. J'ai d'abord
payé. Il est devenu de plus en plus gourmand et lorsque j'ai
appris qu'il était parti s'installer à Sunnydale j'ai eu
peur qu'il ne te raconte tout, et j'ai alors décidé de le
faire supprimer. Tu dois comprendre chérie j'ai signé un
pacte. Un pacte de sang, dont je ne connaissais pas le prix.
- Le prix ! Mais le prix c'est ton âme papa, ton âme
recouverte du sang de tes victimes.
- Malheureusement non Buffy, le prix je ne l'ai apprit que bien plus
tard. Le prix c'est ta vie !
- ...
- Buffy, ma chère enfant, je devais te tuer le jour de tes 18
ans. Mais j'ai pas pu, à la place je t'ai même
envoyé des fleurs, et depuis un an je refuse, mais je suis
à bout de force. Alors comme je n'allais pas à toi, il t
a amené à moi.
- Il mais qui Il ?
Cette fois son visage était rempli de larmes
- Le diable Buffy, le diable ... Je suis maudit !
En même temps qu'il prononçait cette dernière
phrase il avança ses mains dans sa direction et la force qui
l'étreignait pris d'un coup une formidable puissance. Elle
sentit son thorax broyé et une douleur fulgurante la parcourut.
Elle ne parvenait plus à respirer. Se sentant mourir, elle ne
pouvait que regarder le visage de son père, ce visage
inondé de douleur qui était entrain de la tuer. Peu
à peu, le manque d'oxygène obscurcit son champ de vision,
lorsque tout à coup, un éclair d'acier traversa celui-ci
Alors comme dans un horrible ralenti, elle vie la tète de son
père se détacher lentement de son corps puis, par une
monstrueuse perspective, le visage d'Angel se substitua à celui
de son père, avant qu'enfin le corps de celui-ci ne
s'écroule à son tour. La force qui l'écrasait
contre le mur avait disparue et elle glissa alors, doucement contre
celui-ci. Elle entendit encore le bruit du sabre qui tombait sur le
marbre avant que toute la scène ne se recouvre d'un épais
rideau rouge sang.
Le bus arpentait les lignes droites qui s'épataient Los
Angeles de Sunnydale. Le paysage aride ne faisait qu'accentuer la
monotonie du voyage. De toute façon l'observateur n'avait pas
quitté des yeux sa protégée depuis le
départ. Il portait sur elle un regard chaleureux et inquiet.
Elle n'avait pas dit un mot depuis son réveil. Au milieu de la
nuit Angel l'avait porté jusqu'à l'hôtel de Giles,
puis était parti, sans une parole lui non plus. Le regard de
Buffy était comme absent et il appréhendait de la ramener
ainsi à sa mère, sans pouvoir lui donner le début
d'une explication.
Une fois chez sa mère, Buffy monta mécaniquement dans sa
chambre et s'allongea. C'est comme si le monde, si son monde,
c'était arrêté, comme figé dans un
monstrueux arrêt sur image où la tête de son amant
se substituait à celle de son père. Elle erra dans un
demi-sommeil au sein duquel elle ne parvenait plus à distinguer
ses cauchemars de ses pensées, et lorsqu'elle entendit la
sonnerie du téléphone, seule la lumière du jour
qui perçait à travers ses volets lui confirma, par sa
froide réalité, qu'elle était bien
éveillée.
- Oh mon dieu ! Le cri de Joyce la fit sursauter. Elle s'habilla
rapidement et descendit. Le combiné du téléphone
pendait au mur, et sa mère s'était recroquevillait dans
le couloir. Elle s'approcha doucement. Lorsque Joyce releva son visage
vers sa fille, l'expression de désespoir qu'elle y lut lui
transperça le coeur. Elle sentait profondément qu'elle
aurait du prendre sa mère dans ses bras, partager sa douleur,
mais elle n'en avait plus la force. Elle se précipita vers la
porte et s'enfuit hors de la maison.
Presque instinctivement Buffy alla se réfugier dans l'usine
abandonnée. Ce lieu était comme un culte à sa
douleur. C'est ici qu'elle avait du sacrifier son amour aux enfers,
c'est là aussi que Méphisto lui avait donné
rendez-vous. Les fauteuils pourpres n'avaient pas bougé. Elle
n'était pas très sur de savoir si elle voulait le revoir
pour le tuer ou lui parler, elle ne savait pas non plus s'il allait
l'aider ou l'achever mais cela lui importait peu, elle voulait avant
tout sortir de cette prison de douleurs dans laquelle elle était
enfermée depuis qu'Angel avait décapité son
père.
Elle attendit toute la journée, mais Méphisto ne vint
pas. Elle finit par s'endormir à même le sol, dur et froid.
Au matin elle entendit des pas et son coeur s'accéléra. Ce
n'était que Giles, sa déception du se lire sur son visage
car celui-ci s'approcha doucement sans oser la regarder.
- Buffy, je ne sais plus très bien quelle sont nos relations,
mais c'est si dur pour moi de me sentir impuissant... Tu ne veux pas me
parler ?
Il regarda la jeune tueuse recroquevillée à même le
sol. Ce n'était pas la première fois que leur
complicité ne résistait pas aux événements.
Il songea que cette scène aurait pu déjà avoir
lieu l'année dernière s'il était resté
là après le combat d'Acathla. A l'époque elle
s'était éloignée physiquement, cette fois ci son
corps est présent mais elle semble pourtant tout aussi
éloignée. Giles comprenait que quel que soit son amour
pour elle, il y a des douleurs qu'il ne pouvait pas partager.
- Buffy, je crois bien te connaître, tu sais, regarde comment je
t'ai retrouvé, juste par ton histoire, cette histoire qu'on a
partagée ensemble, je ne peux pas te laisser la terminer seule.
Je...
La jeune fille sanglotait maintenant et il se précipita pour la
prendre dans ses bras. Ils restèrent longtemps dans les bras
l'un de l'autre, sans pouvoir parler, ne communiquant que par la chaleur
de leurs émotions.
- Tu veux que je te ramène chez toi ? La jeune fille lui fit un
signe négatif de la tête
Il lui proposa de rester auprès d'elle mais se heurta à
un nouveau refus. Il se résolut donc à l'abandonner
provisoirement.
Le lendemain, Buffy repris quelque peu ses esprits, il n'y avait
toujours aucun signe de Méphisto et elle se rendit compte
qu'elle serait sans doute plus utile auprès de sa mère.
Elle décida donc de retourner chez elle. Elle traversait le
parc, le franc soleil de Sunnydale réchauffé son corps,
à défaut de son coeur.
- Buffy ! La jeune fille se retourna
Elle fut saisie de stupeur, Faust était là, nonchalamment
assis sur un banc, EN PLEIN SOLEIL !
Elle se dirigea vers lui, en constatent qu'il avait d'une façon
ou d'une réussi à la déstabiliser avant chacune de
leurs rencontres.
- Bonjour jeune fille. L'accueillit-il
- Vous n'étiez pas un...
- Un Vampire ! Pas aujourd'hui.
- Vous êtes... le Diable !
- Tout de suite les grands mots.
- Vous souhaitiez que mon père m'élimine n'est ce pas ?
La jeune tueuse posa cette question en le fixant droit dans les yeux
- Qu'est ce qui te fais dire cela ?
- Arrêtez, je ne joue plus, s'énerva-t-elle, avant de
m... Elle s'entait l'émotion l'étreindre à
nouveau en évoquant l'horrible scène.
- Mon père m'a tout raconté, le pacte... et que vous lui
aviez demandé de me tuer.
A ces mots Méphisto se contenta de répondre, dans un
premier temps, par un rire sardonique.
- Tss, Tss. Il me semble t avoir demandé la même chose
à son égard.
Buffy resta interloquée, après quelques instants de
silence il repris la parole.
- Pourquoi aurais-je voulu la mort de l'un plutôt que de l'autre
? Si tel avait été le cas je l'aurais tué
moi-même, ajouta t- il en accentuant encore son sourire.
- Que chercher vous au juste ?
- L'absolu, chère ange, l'absolu. C'est comme une quête de
l'esthétique, chaque vie sur cette terre est pareille à
un tableau, au début elles ne sont qu'esquisses, puis les
couleurs se mélangent et leurs vrais natures prennent formes,
mais seuls les derniers détails de la finition créent un
chef d'oeuvre... Alors je fignole les détails.
- Tout ceci n'est qu'un jeu pour vous et je n'ai aucune carte pour
contrarier mon destin.
- Ce n'est pas parce qu'on ne connaît pas les cartes qu'on ne les
a pas, dans de nombreux jeux les atouts cachés se
révèlent être maître.
- Je ne sais pas... Je ne sais plus. Pourquoi je ne cherche même
pas à vous tuer ?
- Tu n'es encore qu'une esquisse chère ange. Une prochaine
fois... peut être.
Sur ces mots il se leva, sans se départir de son sourire, il lui
pris doucement la main et la baisa.
- Serviteur mademoiselle, ce n'est qu'un au revoir, je ne dis jamais
adieu.
Elle le regarda s'éloigner sous le chaud soleil de la
mi-journée, persuadée qu'elle le retrouverait
effectivement, quelle que soit la forme que prendrait cette nouvelle
rencontre.
Elle n'avait plus qu'à rassembler ce qui lui restait de force
pour aider sa mère à affronter le drame qui les affectait,
la perspective de devoir se rendre à l'enterrement de son
père lui retournait le coeur.
Pour la première fois depuis l'enterrement de son père, Buffy se réveilla avec un certain plaisir. Willow rentrait de son voyage en Europe et la perspective de retrouver son amie était plaisante. Le vol qui la ramenait à Los Angeles avait du atterrir au petit matin, et dès le début de l'après-midi les deux jeunes filles se retrouvèrent.
- Alors l'Europe ça t a plu ? Raconte Willow !
- Oh ! Buffy tu peux pas savoir, c'était merveilleux, j'ai vu la
France, l'Allemagne, L'Autriche, des châteaux somptueux, des
peintures magnifiques, c'est comme si toutes les descriptions des vieux
livres de la bibliothèque de Giles étaient devenues
réelles.
- Et les Français ils sont aussi mignon qu'on le dit ?
- Tu sais, j'étais avec mes parents, mais... tu ne peux pas
imaginer comme ils te dévisagent quand tu les croises dans la
rue. Et toi ? Qu'as-tu fait durant ces vacances ?
Buffy ne préféra rien raconter pour l'instant, les
douleurs étaient encore si vives. Elle souhaitait juste profiter
de ses premiers moments d'insouciances et se réchauffer au doux
sourire de son amie.
- Oh... la routine Willow, des monstres, des vampires, la routine.
Qu'est-ce que c'est que ce grand sac ?
- Un cadeau répondit Willow en souriant
- Un cadeau ! Pour moi ! S'exclama Buffy sur un ton qui laissait peu
d'ouverture à une réponse négative.
- Oui pour toi, bien sur.
Les deux amies s'installèrent dans un coin tranquille du parc et
Willow sortit le paquet et l'offrit à son amie.
- Cela provient d'une petite ville d'Allemagne, non loin de la
frontière française et du Rhin.
Buffy ne voyait pas du tout ce qu'était le Rhin mais elle ne
releva pas, occupée qu'elle était à ouvrir le
paquet.
- Oh! une poupée ! Il s'agissait effectivement d'une magnifique
poupée en porcelaine.
- J'ai trouvé qu'elle te ressemblait, ajouta timidement Willow
Effectivement la chevelure blonde, les somptueux yeux vert, jusqu'au
nez un peu trop prononcé, faisaient immédiatement penser
à la jeune tueuse.
- Je crois qu'elle représente un personnage historique repris la
voyageuse.
Du reste Buffy trouva un joli carnet attaché à la
poupée. Les premières pages étaient en allemand,
puis les suivantes en anglais
Ville de Knittlingen (Germany) Elizabeth Faust 1501-1519
Fille du Docteur Johannes Faust,
elle est restée célèbre pour sa beauté et son destin tragique.
Elle fut assassinée par son père au cours de sa dix huitième année,
après que celui-ci ait signé, de son sang un pacte avec le diable,
qui lui est apparu sous les traits de son servant, Méphistophélès
- Buffy, il te plaît mon cadeau ?
- Buffy... Buffy !
FIN