Faust

par Seb

prologue | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | épilogue

RESUME : Parfois le passé redevient très présent. Alors vos souvenirs peuvent finir  par ressembler à vos pires cauchemars. Une fois de plus Buffy va devoir affronter son destin.

Buffy & Angel Fanfic Awards 2000 : meilleure fanfic, meilleur scénario et meilleure fanfic dramatique.


PROLOGUE

Cela faisait deux semaines maintenant que Willow était partie rejoindre ses parents en Europe, Alex avait trouvé un petit boulot de serveur et devait se lever aux aurores, Angel n'était plus là et Buffy se sentait un peu seule et déprimée. Ce soir là elle partis faire une ronde au cimetière, et se surpris à espérer y trouver quelques vampires afin de se défouler un peu.
- Mon dieu voilà que je commence à réagir comme Faith !
La dernière fois qu'elle avait vu Faith c'était sur son lit d'hôpital, parfois se souvenir provoquait chez elle un sentiment de remords. Elle continuait de penser qu'elle n'avait pas eu d'autres choix mais, elle savait aussi que tout n'était pas encore clair dans son esprit.

Heureusement un craquement sec interrompis son début d'introspection.
Buffy se retourna et vit une ombre se déplacer non loin d'elle. Elle prit son élan et couru dans sa direction. Elle put clairement distinguer le vampire, elle pris alors appui sur une tombe et sauta sur le vampire en projetant sa jambe au niveau de sa tête. Fort agilement celui-ci évita le coup de la tueuse Surprise Buffy retomba lourdement sur le sol, elle eut peur d'être attaquée dans cette mauvaise posture et se retourna rapidement sur le dos. Le vampire n'avait pas essayé de profiter de la situation.

- Buffy Summers ?
Sans l'écouter Buffy se releva prestement et l'attaqua à nouveau. Une fois de plus il l'esquiva relativement facilement et se contenta de la projeter contre un tronc d'arbre.
- Buffy Summers, serait-il possible de discuter sans que vous vous agitiez en tous sens comme cela ?
Pour la première fois elle le regarda avec un peu d'attention, son visage avait rapidement repris forme humaine, il était grand et plutôt beau gosse. "A non ça ne va pas recommencer !" se reprit-elle immédiatement.
- Et... de quoi voulez-vous parler ?
- De vous ! je vous savais bagarreuse mais à ce point...
- C'est à dire que c'est un peu mon métier !
- Tsss Tss Vous l'étiez bien avant que vos pouvoirs ne soient activés.
- Qu'est ce que vous en savez ? Répliqua-t-elle, agressive.
- J'ai bien connu votre cousine.
- Ma cousine !!! Elle est morte il y a près de quinze ans.
- Et moi j'ai près de 200 ans alors...
- Un monstre la tuer à l'hôpital.
- Je sais cela aussi. Il s'appelait Kindestod
- !!!
- Bon l'endroit n'est pas propice aux discussions entre amis et je vous sens encore énervée. Alors voilà ce que je vous propose. Vous vous souvenez de cette usine désaffectée où vous avez laissé quelques souvenirs ? Dit-il en souriant. Retrouvez-moi là-bas demain soir.
- Je ne suis pas votre ami.
- Tsss Tss A demain.
Elle le regarda s'éloigner, interloquée et relativement déstabilisée.

PARTIE 1

Buffy sortit d'une nuit agitée, peuplée de cauchemars et du souvenir de sa cousine. Elle décida d'aller voir Giles mais, arrivée devant chez lui, elle trouva porte close. Giles s'absentait fréquemment ces deniers temps. Officiellement il parcourait le pays à la recherche de livres dont il pourrait avoir besoin, mais intuitivement Buffy présentait qu'il s'agissait d'autre chose.
La jeune fille passa la journée à s'entraîner. Elle gardait, en effet, un mauvais souvenir de son dernier combat, et puis l'effort physique lui permettait de ne pas trop tourner dans sa tête.
La nuit commençait à tomber et Buffy se dirigea doucement vers l'ancienne usine désaffectée. Au fur et à mesure qu'elle s'approchait, les souvenirs liés à ses aventures avec Angel resurgissaient et ses émotions commencèrent à l'étreindre. Elle respira profondément et se reprit en songeant que c'était justement ce que son "rendez-vous" du soir escomptait. Elle pénétra enfin dans l'usine. La pièce était éclairée à la lumière des chandeliers, ce qui provoque un jeu d'ombre inquiétant auquel la jeune fille était néanmoins fort habituée. Le vampire de la nuit précédente l'attendait effectivement. Il semblait être seul, assis dans un fauteuil "ancien style", recouvert d'un velours rouge profond, dont elle se demanda ce qu'il faisait là. Un autre fauteuil l'attendait et son hôte lui fit signe de s'asseoir.

- Souhaitez vous boire quelque chose ?
- Non merci.
- Vous avez tord j'ai ici un excellent champagne.
- Vous ne m'avez pas fait venir ici pour me faire partager un verre d'alcool gazeux ! répondit-elle sèchement, sentant l'énervement la regagner.
- Tsss Tss... les tueuses américaines... je ne m'y ferais jamais... aucun savoir vivre !
- ...
Il but une gorgée avec délectation puis reprit
- Comme je vous le disais hier, j'ai bien connu votre cousine. Une enfant charmante, il m'arrivait de la rencontrer en début de soirée, lorsque les jours raccourcissent, dans le jardin où vous jouiez parfois ensemble.
- Elle savait ce que vous étiez ?
- Avec elle j'avais toujours le visage que vous voyez en ce moment, mais elle avait des pouvoirs parapsychiques extrêmement développés et il ne fait aucun doute qu'elle ait toujours su que j'étais un vampire.
- Vous ne l'avez jamais attaquée
- Tsss Tss je sais me tenir MOI.
- Où voulez-vous en venir exactement ?
- A la mort de cette petite.
- Elle a été tuée par un démon du nom de Kindestod, que j'ai moi-même tué quelques années plus tard. Point final, fin de l'histoire. Sur ce, je rentre chez moi ! Dit-elle en se levant de son fauteuil.
- Sauf que pour votre cousine je ne pense pas que le Kindestod ait agi pour son propre compte.
Buffy se rassit et le vampire continua
- Votre cousine avait des dons très particuliers, elle avait percé à jour la vraie personnalité d'un être qui a ensuite ordonné au démon de la tuer.
- Qui a fait ça?
- Faust
- Faust !!!!
- C'est ainsi qu'il se fait appeler dans notre milieu. Un nom d'emprunt assurément.
- Et j'imagine que vous savez où je peux le trouver.
- Non justement mais je sais qu'il a ordonné un autre meurtre ici a Sunnydale, celui d'un certain M. Dressler
- Et vous souhaitez que l'on évite ce meurtre
- Je me fous de ce M. Dressler mais si l'on attrape le démon qui va essayer de le tuer, cela nous permettra peut être de retrouver Faust
- Pourquoi tenez-vous tant à venger le meurtre de ma cousine ?
- Vous n'y êtes pas du tout je tiens juste à me venger de ce Faust. Puis il ajouta un sourire aux lèvres. Rassurez vous je n'ai pas d'âme humaine MOI.
Buffy avait de plus en plus l'impression d'être manipulée, elle détestait ce vampire qui connaissait tout d'elle, et elle rien de lui.
- Et pourquoi accepterais-je de vous aider ?
- Parce que, comme vous me l'avez dit hier tuer les démons, est votre métier, et puis vous étiez très attachée à votre cousine n'est-ce pas ?
Buffy ne répondit pas, elle se leva et se dirigea vers la sortie. Il ne la retint pas.
Au dernier moment elle se retourna
- Je ne connais même pas votre nom.
- Entre nous, dit-il avec un sourire, appelez-moi Méphisto.
- AH! AH!

Buffy était bien trop énervée pour rentrer se coucher, elle avait besoin de parler à quelqu'un. Giles n'était pas là, elle décida donc de se rendre chez Alex il n'était que 4 heures du matin, cela lui laissait un peu de temps avant qu'il n'aille travailler.
C'est un Alex plus que comateux qui lui ouvrit la porte.
- Buffy ! Mais tu ne dors jamais
- Tu as remarqué aussi, je peux entrer ?
Buffy lui raconta toute l'histoire, elle n'était pas très sure de l'attention de son ami mais, elle avait besoin d'en parler.
- Alex tu m'écoutes, Faust ça te dit quelque chose
- C'est pas un bouquin de Freud.
- De Goethe répliqua sèchement Buffy qui n'avait pas eu son diplôme pour rien.
- Freud, Goethe c'est un vieux bouquin quoi.
- Ouais, et Dressler tu en as entendu parler ?
- Il me semble avoir lu quelque chose dans la presse locale. Ce serait un très riche industriel qui s'est installé récemment a Sunnydale.
- Tu peux me trouver son adresse.
Alex consulta un annuaire
- 666 Knittlingen street. Il y a eu une invasion allemande à Sunnydale ?
- J'en sais rien Alex, je ne comprends pas grand chose à cette histoire, mais j'ai bien l'intention de comprendre.
Buffy était toujours aussi énervée, elle se sentait de plus en plus manipulée et ce soi disant Méphisto tout en suffisance ne lui inspirait aucune confiance.

PARTIE 2

Il y avait maintenant plus de deux heures que Buffy faisait les cents pas devant la maison de Dressler. C'était une très belle propriété, entourée d'un magnifique parc. La jeune fille n'avait pas l'habitude de passer des heures à observer, inactive, et elle commençait à s'ennuyer ferme lorsqu'elle vit Xander la rejoindre.

En arrivant près d'elle il émit un petit sifflement
- Belle maison
- On peut le dire Xander.
- Tu imagines combien d'année de pourboires il me faudrait pour m'offrir une baraque comme celle-là ?
- Non, je n'imagine pas.
- C'est bien ce que je craignais.
Soudain le portail s'ouvrit, une grande Mercedes noire s'engouffra à l'intérieur, mais ni l'un ni l'autre ne purent distinguer le moindre visage à travers les vitres teintées de la limousine.
Les deux amis attendirent que la voiture fut garée dans le parking, ainsi que de voir s'allumer une des pièces de la maison, pour pénétrer dans le parc en escaladant le mur. Ils se tinrent à une certaine distance afin de ne pas être repérable.
- Qu'est ce qu'on fait maintenant ? S'impatienta très vite Xander.
- Ben je sais pas, si j'en crois Méphisto on attend un démon sensé venir le tuer.
- Super, remarque que j'ai rien contre de passer mes nuits avec toi dans les parcs.
- Xander tu ne pense vraiment qu'a ça !
- Ben, tu sais, on est là au milieu d'un parc à attendre on ne sait trop quoi... alors forcément j'ai l'imagination vagabonde.

Elle ne put s'empêcher de sourire. Tout à coup un violent éclair provenant de la maison illumina tout le parc. Buffy et Alex se regardèrent puis se précipitèrent vers la demeure. La porte principale était fermée à clef et avait l'air solide, sans hésiter la jeune tueuse brisa d'un coup de pied une des baies vitrées donnant sur le séjour, puis pénétra à l'intérieur. Alex la suivi plus timidement.
Bizarrement, tout était calme. Ayant vu la lumière provenir de l'étage, Buffy pris l'escalier pour montait au premier. Elle arriva dans un salon, essaya de le parcourir du regard, mais il faisait très sombre. Elle réussit à trouver un interrupteur et voulut allumer la pièce. Peine perdue, l'électricité était coupée ou les plombs avaient sauté.
Elle se dirigea doucement vers une autre pièce dont la porte était entrouverte, y pénétra. Il s'agissait visiblement de la chambre du maître des lieux. Une forme sombre semblait étendue sur le lit. Méfiante, Buffy s'approcha prête à combattre. Dans la pénombre elle ne pouvait pas distinguer les traits de visage du corps inerte. Lorsqu'elle fut suffisamment prés, elle s'aperçut que même en pleine lumière, plus personne ne pourrait distinguer les traits de M. Dressler. C'est comme s'il avait reçu la foudre en pleine figure. La jeune fille fit une grimace de dégoût. Sur une petite table, a coté du lit, se trouvait une bougie parfumée ainsi qu'une boite d'allumettes. Sans hésitation elle alluma la bougie. Aussitôt la lumière se précipita sur une petite photo encadrée. Le regard de Buffy s'accrocha tout de suite a cette photo représentant une petite maison pavillonnaire entourée d'un jardin. Elle ressemblait étrangement a la maison de son enfance, le même jardin, les même fenêtres mansardées, il ne manquait rien, pas même les Vasistas où elle aimait tant regarder le soleil montait vers le ciel, durant cette période insouciante de sa vie.

Buffy fut interrompu dans ses rêveries par un cri de Xander suivit d'un nouvel éclair provenant du salon d'à coté. Accourant au secours de son ami, elle se trouva nez a nez avec un drôle de démon relativement petit. Ils furent visiblement aussi surpris l'un que l'autre, mais la jeune tueuse, plus rapide, lui décocha un coup de pied et il s'écroula quelques mètres plus loin. Au moment où elle fonçait à nouveau vers lui pour l'achevait, elle entendit la voix de Xander.
- Attention ! C'est la fée électricité ce machin là.
Et, effectivement, surgit au même moment des mains du démon, un éclair qui passa heureusement juste au-dessus de la jeune fille. Ne cherchant visiblement pas a en découdre le démon courut en direction de l'escalier. Toujours aussi vive, Buffy s'élança à nouveau vers lui et essaya de lui donner un second coup de pied. Celui ci ne le percuta pas très violemment mais, cela suffit à le déséquilibrer et à entraîner sa chute dans l'escalier. Légèrement étourdit, il poursuivit sa fuite vers un autre escalier qui descendait au garage, puis se précipita vers la porte close de celui-ci. Lorsque à son tour Buffy entra dans le parking, il décocha un nouvel éclair qu'elle avait cette fois parfaitement anticipé. La tueuse se cacha derrière la Mercedes et observa le petit démon essayait, fort maladroitement, d'ouvrir la porte. Elle cherchait comment l'arrêter sans prendre un coup de foudre dont elle avait vu l'effet dévastateur sur le pauvre Dressler. Soudain elle eut une idée. Ayant repéré un tuyau d'arrosage, branché à un robinet de l'autre coté de la voiture, elle contourna lentement celle-ci, en se tenant toujours hors de porté du Démon. Croyant le moment venu elle bondit hors de sa cachette pour atteindre le tuyau. Mais le démon repéra sa manoeuvre et, comprenant ce qui risquait d'arriver, il se retourna vers elle, visiblement décidé à l'affronter.
Fort opportunément, c'est le moment que choisit Xander pour pénétrer à son tour dans le garage. Son intrusion détourna un instant l'attention du démon et, cela suffit à la jeune fille pour ouvrir le tuyau d'arrosage et l'asperger violemment. Visiblement il n'aimait pas l'eau. Les deux amis s'approchèrent du corps allongé sur le sol. Il était entièrement noirci, comme calciné, de ci de là on pouvait apercevoir quelques étincelles, et l'ensemble dégagé une fumée relativement nauséabonde.
- Comment tu va Xander, s'inquiéta Buffy
- ça va, et toi ?

CLAP Clap CLAP Clap CLAP
Très synchrones, ils se retournèrent vers les applaudissements. A l'entrée du garage se tenait un homme. Malgré la pénombre Buffy reconnut tout de suite la silhouette élancée de Méphisto, et ne put s'empêcher de lui trouver belle prestance. Celui-ci se dirigea sans un mot vers une petite boite accrochée au mur, l'ouvrit et remis les plombs.
- Et la lumière fut, ajouta-t-il, visiblement ravi de son effet.
Il s'approcha à son tour des restes du démon
- Décidément jeune fille, là où vous passer tout trépasse. Comment comptait vous l'interroger maintenant?
Buffy se contenta de lui répondre par une grimace qui le fit sourire. Il la dévisagea ostensiblement de haut en bas, elle portait un pantalon de cuir extrêmement moulant et un tee-shirt à manche courte trop court pour masquer son nombril. Il repris la parole.
- En tout cas, vous êtes très belle dans la bagarre... La beauté du Diable en quelque sorte...
- Vous parlez trop le coupa Buffy. Allons fouiller cette maison pour voir si nous pouvons trouver quelques renseignements sur votre Faust.
Ils remontèrent tous les trois. Immédiatement Buffy retourna dans la chambre de Dressler pour revoir la photo du pavillon. Pas de doute, il ressemblait à s'y méprendre à celui de son enfance. Il y avait un tiroir en dessous de la petite table, elle l'ouvrit afin de chercher d'autres photos. Elle en trouva effectivement une. Celle ci avait été prise dans le jardin. La jeune fille commençait à se sentir mal à l'aise. Cette fois elle n'avait plus de doute, elle reconnut parfaitement la balançoire où elle aimait tant s'amuser avec sa cousine Célia.

Une fois de plus Xander l'interrompit.
- J'ai trouvé s'écria-t-il
Il avait dans les mains un petit calepin dans lequel on pouvait lire l'adresse d'un certain Faust à Los Angeles.
- Ou est Méphisto ? lui demanda Buffy
- Je sais pas. Il s'est évaporé comme il est venu.
Devant l'air soucieux de la jeune fille il crut bon d'ajouter
- Je te rappelle que la dernière fois que tu t'es accroché à l'air énigmatique d'un vampire, cela a mal tourné.
- Ca va ! Xander
Buffy lui pris des mains le calepin.
- Qu'est ce que tu comptes faire ?
- Aller à Los Angeles, lui répondit-elle
- Comme ça tout de suite, sans attendre le retour de Giles.
- Dès mon arrivé je te préviendrai pour que tu lui donne l'adresse de mon hôtel.
- Et ta mère
Buffy n'y avait même pas pensé
- Je la préviendrai à mon retour
- Ca lui fera plaisir répondit-il, sarcastique. Tu as un peu d'argent au moins ?
- Non, tu pourrais me dépanner, tu as touché ta semaine de paye aujourd'hui.
Xander poussa un soupir mais sorti effectivement une enveloppe de sa poche.
- Combien tu veux ?
Elle lui arracha l'enveloppe des mains et ajouta avec son plus beau sourire.
- Tu es un chou.
- Bien sur et avec un coeur d'artichaut de surcroît, un vrai potager à moi tout seul.

PARTIE 3

Buffy avait choisi de se rendre à Los Angeles en car, afin d'économiser un peu d'argent. Le voyage était long mais il lui permettrait tout de même d'arriver en début de soirée. Lorsqu'elle aperçut les faubourgs de la ville, Buffy comprit qu'elle avait dormi durant la plus grande partie du trajet. Son sommeil avait été plutôt agité, peuplé de souvenirs d'enfance où elle se revoyait jouant à la balançoire avec Célia, mais aussi de rêves plus étranges où ses émotions vis à vis de Méphisto oscillaient dangereusement entre la répulsion et l'attirance. Des rêves habités de menaces inconnues qui lui laissèrent un goût amer d'angoisse à son réveil.

La nuit venait de tomber sur la ville lorsque le car s'arrêta dans la gare routière. Pour Buffy, cette ville réveillait des parfums contrastés : son enfance, bien sur, mais aussi le jour où Merrick lui fit prendre conscience de sa destiné, avant de se suicider, l'incendie du gymnase, sa fuite après avoir dû exécuter Angel. Angel qui s'était à son tour réfugié ici après leur séparation. Angel ! Allait-elle passer le voir ? Cela la surprit presque de ne pas s'être posée la question plus tôt ! Serait-elle en train de guérir ? Pas si sur, elle n'avait fait que quelques pas dans le hall de gare, qu'elle sentait déjà sa présence. Elle parcourut le lieu du regard, et le découvrit effectivement, à demi dissimulé derrière une colonne. Que faisait-il là ? Comment avait-il su ? Elle se dirigea résolument vers lui; lui ne bougeait pas, comme figé.
- Que fais-tu ici ? Tu m'espionnes maintenant ?
- Je suis venu à ta rencontre...
- Et tu as rencontré une colonne ! L'interrompit-elle, moqueuse.
Puis elle repris, agressive.
- Qui t'a prévenu de mon arrivée ?
- J'ai appelé chez toi... Je voulais te parler, ta mère avait été mise au courant de ton départ par Xander, elle me l'a dit, voilà tout.
- Ben les nouvelles vont vite... sinon ça va la vie ?
Angel ne releva pas.
- J'ai peur pour toi Buffy.
- Tu sais, je suis une grande fille maintenant. Répondit-elle sans se départir de son ironie.
- Je sais pourquoi tu es ici, et je pense que tu ne devrais pas...
- Que sais-tu au juste ?
- Que tu es venue rencontrer Faust.
- Qui est-il ? Tu le connais ?
- Très peu... et beaucoup trop !
Cette fois la jeune fille explosa.
- Mais c'est pas vrai ! C'est un sport national le rébus chez les Vampires !
- Ecoute Buffy, il faut parfois ne pas chercher à savoir.
- Désolé Angel, mais je n'ai pas l'habitude de fuir face aux difficultés, moi ! Je veux savoir. Je veux comprendre.
- Attention parfois plus on sait et moins on comprend.

Cette fois la jeune fille ne voulut pas prolonger cette discussion. Buffy recula lentement pour reprendre son sac. Ils ne se parlaient plus que par leurs regards, et Buffy savait pertinemment que ses yeux ne tenaient pas le même discours que ses mots. Pour couper court à cet échange aussi, elle se retourna d'un coup et couru presque, jusqu'à la sortie de la gare.
Elle prit une chambre dans un petit hôtel puis appela Xander .Celui-ci lui apprit que Giles était rentré et qu'il allait l'informer. Elle arriva à l'adresse indiquée sur le carnet qu'Alex avait trouvé chez Dressler. Il s'agissait d'une somptueuse villa près de Beverly Hills. Décidément cette aventure la changeait des cryptes et des cimetières ! Sans aucune hésitation elle escalada le mur de l'enceinte et sauta dans le jardin qui entourait la maison. Tout paraissait calme, aucune lumière d'allumée. Buffy brisa une vitre afin de s'introduire à l'intérieur. Elle avait cette fois pris la précaution d'emporter une lampe torche afin de ne pas trop éveiller l'attention. Dans le faisceau de lumière apparu ce qui devait être une grande salle de réception, elle fut tout de suite frappée par la dureté et la froideur du lieu, la propreté, l'ordre qui y régnaient, semblaient quasiment clinique, les peintures accrochées aux murs n'étaient qu'abstraction géométrique, les couleurs étaient froides et dures, les meubles n'étaient qu'angles. Sous une grande double porte perçait une pâle lumière. Buffy eut soudainement peur de ne pas être seule, elle ouvrit doucement l'un des battants. Elle découvrit une immense armurerie, éclairée par la lune qui perçait à travers une somptueuse verrière. Les armes exposées semblaient sorties d'un musée. Sabres, épées, haches formaient une couronne d'acier autour d'un magnifique sol en marbre. La jeune tueuse poursuivit son exploration à l'étage, parcourant des pièces par trop semblables. Il était difficile d'imaginer un démon dans cet endroit, mais Buffy avait également du mal à y voir trace d'une âme humaine, tant tout lui semblait dénué de passé, d'histoire.

Au fond d'un couloir la tueuse trouva une porte fermer à clefs. D'un violent coup de pied elle parvint à faire sauter la serrure. La pièce était plongée dans le noir le plus absolu, il n'y avait visiblement pas de fenêtre. Cette fois elle décida d'allumer l'interrupteur.
Lorsque la lumière jaillit, la foudre s'abattit sur la jeune fille. Durant sa courte existence, elle eut l'occasion de voir maints monstres et démons, plus terrifiants les uns que les autres, mais les photos qui l'entouraient maintenant, la tétanisèrent instantanément. C'est comme si son sang s'évacuait dans un monstrueux tourbillon, emportant avec lui toutes les images de sa vie; Célia tournoyait sur la balançoire du jardin poursuivit par le Kindestod, l'incendie du gymnase se superposait au suicide de Merrick , le lycée de Sunnydale, le bon regard de Giles, ses larmes qui emportaient le corps de Jenny , le doux sourire de Willow se transformait en vampire, le visage de la mort se confondait avec celui du maître, l'explosion du bonheur dans les bras d'Angel, leurs corps enlacés puis transpercées d'un coups de sabre, les yeux de Faith remplis de peur face à Kakistos puis de stupeur lorsque le poignard la pénétra, la rencontre avec Méphisto... La tornade qui s'était emparé de ses émotions emportait pièces par pièces le puzzle de sa vie , l'air lui manquait, le sol se dérobait, elle était entourée de mille photos qui, toutes, lui renvoyaient la même image. L'image de Faust, de ce démon qui n'en était pas un et qui n'était autre que... son Père !

Partie 4

Buffy errait dans les rues de la ville, sans savoir où elle allait. Elle s'était littéralement enfuit de la Villa. Elle ne s'était jamais sentie perdue à ce point. Elle avait pourtant connu la peur ultime, celle de la mort, avant d'affronter le maître. Elle avait aussi connu le désespoir absolu lorsqu'elle dut tuer son amant, mais jamais elle n'avait été envahie par cette sensation de néant. Elle avait l'impression d'avoir perdu toute identité, de n'être plus qu'une marionnette dont on tirait les fils, elle sentait mille questions la torturer sans arriver encore à en formuler ne serait-ce qu'une seule. Soudain elle se rappela de sa conversation avec Angel lors de son arrivée à la gare routière. Que savait-il au juste ? Pourquoi avait-il encore fallu qu'il parle à demi-mot ? Elle se résolut à aller le voir.

Angel vivait momentanément dans un vieil appartement donnant sur une cour étroite, qu'il avait vaguement réaménagé. Dès qu'elle arriva, il fût frappé par l'expression hébétée de son visage, elle avait l'air totalement perdue.
- Buffy...
Il ne trouva pas de mots et s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras. Son contact fit, à la jeune fille, l'effet d'un électrochoc. Elle se recula brusquement pour s'écarter de lui, d'un coup son regard devint agressif.
- Tu savais, tu savais, répéta-t-elle, la voix tremblante. Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?
- J'ai essayé de te mettre en garde.
- Mais pourquoi m'avoir caché que c'était mon p.... Sa phrase se bloqua dans sa gorge. On sentait qu'elle faisait des efforts surhumains pour ne pas sombrer totalement. Elle finit par se reprendre et le fixa droit dans les yeux.
- Depuis quand savais-tu ?
- ...
- Depuis quand ? Hurla-t-elle
- Longtemps, Buffy, longtemps, mais quelle importance cela a, aujourd'hui ?
- Quelle importance ? Mais oui c'est vrai ça, quelle importance que tu m'aies menti, trahi pendant toutes ces années ! Quelle importance d'avoir combattu les forces du mal, Vampire, Démon et que sais-je encore, en oubliant de me dire que tout ça n'avait pour but que de me préparer à l'affronter lui, lui qui m'a donné la vie, lui qui...
- Buffy, Buffy tu interprètes... tu... tu devrais te reposer, ensuite on pourra réfléchir.
- Me reposer ! On ! Angel il n'y aura plus jamais de on, je n'aurai plus jamais confiance en toi.
Elle le repoussa violemment contre le mur puis ressorti dans les rues de Los Angeles où elle marcha toute la nuit comme si elle essayait de fuir ses propres pensées.

Elle finit par regagner son hôtel au petit matin. Elle se dirigeait vers la réception lorsqu'elle aperçut Giles assis dans un vieux fauteuil des années 70, qui meublé un semblant de salon à l'entrée de l'hôtel. Celui-ci connaissait trop bien sa jeune protégée pour ne pas remarquer tout de suite le désarroi qui c'était emparé d'elle. Il se leva pour l'accueillir.
- Buffy que s'est-il passé ?
- Oh ! Giles je suis si contente de vous voir c'est... c'est mon père... j'ai appris...
L'observateur retomba dans son siège, il semblait mal à l'aise enlevant et remettant ses lunettes nerveusement.
- Oh mon dieu, tu l'as donc appris !
Une fois de plus la jeune tueuse accusa le choc, cette fois c'est sur elle voulait mourir, elle le fixait, bouche et yeux grands ouverts avant de s'écrouler à son tour dans un fauteuil.
- Vous aussi vous saviez ?
- Oui mais tu sais, je l'ai appris par hasard...
Buffy ne répondit rien elle avait l'impression que quelqu'un s'amusait à briser ce qu'il restait des ruines de sa vie. Devant l'anéantissement de la jeune fille Giles essaya de continuer.
- Ecoute j'ai hésité à t'en parler, j'avais peur que cela te perturbe et nous avions des enjeux trop important à l'époque
- ...
- Je sais bien que ta vie n'a rien d'ordinaire, mais tu es encore jeune et ces choses là ne sont pas si simple... Franchement je crois que tu ne devrais pas juger trop vite ta mère.
- Ma mère ! Hurla Buffy cette fois c'était trop ! Qu'est ce qu'avait bien pu faire sa mère !
- Oui, tu sais que j'ai été relativement euh... comment dire... intime avec elle suite à l'absorption de ces bonbons maléfiques et elle m'a raconté des choses.
- Que vous a t- elle dit ? Parlez Giles !
- Elle m'a simplement raconté comment ton père l'a délaissé et comment... c'est très gênant tu sais. Enfin, comment elle en était arrivée à le tromper avec cet homme !
La jeune fille éclata d'un rire violent, stupéfiant son interlocuteur, en d'autre circonstance cette nouvelle l'aurait certainement énervée voir perturbée, mais là elle l'a remplissait de joie. Giles, lui, ne l'avait pas trahi, il était toujours son observateur, son confident, son...
- Il ne s'agit pas de cela Giles reprit-elle en le regardent amicalement.
Elle lui raconta toute l'histoire, il avait l'air sincèrement surpris. Il lui raconta ce qu'il savait de la légende de Faust, mais il ne put pas lui apprendre grand chose de plus. Cela ne faisait rien le simple fait de pouvoir discuter avec lui calma quelque peu la jeune fille, qui s'effondra peu à peu de fatigue. L'observateur l'a pris par les épaules et l'aida à monter jusqu'à sa chambre. Elle s'allongea sur le lit et sombra rapidement dans un sommeil comateux. Giles ramena tendrement le couvre lit sous son menton puis alla à son tour se coucher.

Elle dormit près de dix heures d'un sommeil agité, lorsqu'on frappa à la porte de sa chambre.
- Giles cria-t-elle
- Non c'est la réceptionniste, madame.
Elle ouvrit la porte.
- Bonsoir Madame voici une lettre que l'on a déposée pour vous.
- Qui ça ?
- Je ne sais pas un homme, Madame.
- Comment était-il ?
- Un bel homme précisa la réceptionniste en rougissant, bien habillé d'un costume sombre avec des yeux très clairs.
Méphisto pensa tout de suite Buffy. Elle remercia la femme puis arracha l'enveloppe plus qu'elle ne l'ouvrit.

Chère Ange

J'ai appris, non sans regret, qu'une rencontre que j'avais tant espérée n'a pas eu lieu hier soir. Quel dommage que vous vous soyez enfui. Ce qui est écrit de votre sang commun doit pourtant faire Foi. Je ne vous en veux pas, je vous aime bien trop pour ça, néanmoins afin de vous encourager dans une voie, maintenant inévitable, je me suis permis d'enchaîner dans ce lieu, devenu familier pour vous, un de vos vieux amis auquel j'espère vous tenez encore quelque peu. De là où il est, il pourra profiter, d'ici quelques heures des premiers rayons de soleil à travers l'une des plus magnifiques verrières de la ville.

J'espère que ce petit mot d'encouragement vous incitera à plus de ténacité.

Bien sincèrement.
Méphisto

Buffy resta encore quelques secondes devant la lettre. Quoiqu'elle ait pu lui dire, elle tenait encore à Angel, et puis elle avait admis que son destin se trouvait dans cette villa, qu'elle dût le combattre ou le subir.

Partie 5

Buffy retourna dans la grande propriété. Elle n'eut aucun mal à s'introduire de nouveau à l'intérieur. Elle avait l'impression d'agir comme un robot, comme si tout ce qui allait se passer était inévitable. Elle se dirigea vers la salle d'arme, ouvrit doucement la porte. Angel était là, enchaîné sous la verrière. Il la vit arriver et cria presque.

- Tu n'aurais pas du venir Buffy.
- C'est ça et je t'aurai laissé prendre le bain de soleil de tes rêves.
- Il peut arriver d'un moment à l'autre.
- Mon pauvre Angel, après 250 ans tu n'as toujours pas compris que la fuite ne résolvait rien.
Elle parcourut du regard les armes fixées tout autour de la salle, puis se saisit d'un long sabre étincelant qui lui semblait robuste. D'un geste précis, elle frappa la chaîne qui retenait le poignet droit de son ancien amant, celle ci se brisa net. Elle en fit de même pour les trois autres. Une fois libéré. Il voulut immédiatement l'entraîner au dehors
- Non, cria-t-elle.

Au même moment la porte de la salle de garde s'ouvrit, il apparut. Immédiatement Angel voulu s'interposer et s'avança vers lui menaçant. Il n'eut qu'un geste de la main à faire pour projeter violemment le vampire contre le mur opposé. Sous la violence du choc Angel s'évanouit. Immédiatement Buffy voulu secourir son amant et se projeta à son tour vers son père, lui décochant un coup de pied qui le propulsa à terre. Elle voulut poursuivre son assaut mais, une force extrêmement puissante la repoussa et la plaqua contre le mur.
La force qui la maintenait contre le mur lui interdisait tout mouvement.
- Papa, murmura-t-elle
Il s'était relevé et se tenait maintenant face à elle
- Pourquoi ? articula-t-elle péniblement.
La puissance qui l'étreignait décrut sensiblement. Ils restèrent de longues secondes à se regarder sans pouvoir prononcer la moindre syllabe. Finalement il réussit à lui parler.
- Je n'ai jamais voulu cela Buffy. Au début... les mots semblaient difficiles à trouver... Au début, reprit-il, je n'ai souhaité que réaliser mes rêves. Tu sais j'avais beaucoup d'affection pour ta mère et pour toi mais, au fond de moi j'aspirais à une autre vie. Alors quand j'ai compris ce que pouvait m'apporter ce pacte, la richesse, la puissance, j'aurais fait n'importe quoi pour y parvenir.
- Jusqu'à tuer !
- Non, non s'insurgea-t-il, je ne voulais pas cela
- Mais tu as tué. Retrouvant son souffle, elle cria presque. Tu as fait tuer Célia !
- Je n'avais pas le choix chérie.
- Elle n'avait que huit ans, hurla-t-elle cette fois.
- Elle savait bredouilla-t-il, elle avait un pouvoir, quelque chose comme de la télépathie, elle savait, je n'avais pas le choix, je n'avais pas le choix, répéta-t-il comme pour mieux s'en convaincre.
- Mais tu as pensé à nous, à moi, à maman.
- Si j'ai pensé à toi ! Des larmes commençaient à couler sur son visage et cette apparente faiblesse contrastait avec cette puissance qui enserrait sa fille.
- J'ai loué notre maison à Dressler en lui demandant de ne rien toucher afin que l'on puisse s'y retrouver parfois, je lui ai demandé de faire suivre le courrier, de me retransmettre immédiatement tes messages téléphoniques, j'ai... j'aurais tellement voulu que tu ne saches jamais rien. Dressler a découvert mon secret puis il m'a fait chanter. J'ai d'abord payé. Il est devenu de plus en plus gourmand et lorsque j'ai appris qu'il était parti s'installer à Sunnydale j'ai eu peur qu'il ne te raconte tout, et j'ai alors décidé de le faire supprimer. Tu dois comprendre chérie j'ai signé un pacte. Un pacte de sang, dont je ne connaissais pas le prix.
- Le prix ! Mais le prix c'est ton âme papa, ton âme recouverte du sang de tes victimes.
- Malheureusement non Buffy, le prix je ne l'ai apprit que bien plus tard. Le prix c'est ta vie !
- ...
- Buffy, ma chère enfant, je devais te tuer le jour de tes 18 ans. Mais j'ai pas pu, à la place je t'ai même envoyé des fleurs, et depuis un an je refuse, mais je suis à bout de force. Alors comme je n'allais pas à toi, il t a amené à moi.
- Il mais qui Il ?
Cette fois son visage était rempli de larmes
- Le diable Buffy, le diable ... Je suis maudit !
En même temps qu'il prononçait cette dernière phrase il avança ses mains dans sa direction et la force qui l'étreignait pris d'un coup une formidable puissance. Elle sentit son thorax broyé et une douleur fulgurante la parcourut. Elle ne parvenait plus à respirer. Se sentant mourir, elle ne pouvait que regarder le visage de son père, ce visage inondé de douleur qui était entrain de la tuer. Peu à peu, le manque d'oxygène obscurcit son champ de vision, lorsque tout à coup, un éclair d'acier traversa celui-ci Alors comme dans un horrible ralenti, elle vie la tète de son père se détacher lentement de son corps puis, par une monstrueuse perspective, le visage d'Angel se substitua à celui de son père, avant qu'enfin le corps de celui-ci ne s'écroule à son tour. La force qui l'écrasait contre le mur avait disparue et elle glissa alors, doucement contre celui-ci. Elle entendit encore le bruit du sabre qui tombait sur le marbre avant que toute la scène ne se recouvre d'un épais rideau rouge sang.

Partie 6

Le bus arpentait les lignes droites qui s'épataient Los Angeles de Sunnydale. Le paysage aride ne faisait qu'accentuer la monotonie du voyage. De toute façon l'observateur n'avait pas quitté des yeux sa protégée depuis le départ. Il portait sur elle un regard chaleureux et inquiet. Elle n'avait pas dit un mot depuis son réveil. Au milieu de la nuit Angel l'avait porté jusqu'à l'hôtel de Giles, puis était parti, sans une parole lui non plus. Le regard de Buffy était comme absent et il appréhendait de la ramener ainsi à sa mère, sans pouvoir lui donner le début d'une explication.
Une fois chez sa mère, Buffy monta mécaniquement dans sa chambre et s'allongea. C'est comme si le monde, si son monde, c'était arrêté, comme figé dans un monstrueux arrêt sur image où la tête de son amant se substituait à celle de son père. Elle erra dans un demi-sommeil au sein duquel elle ne parvenait plus à distinguer ses cauchemars de ses pensées, et lorsqu'elle entendit la sonnerie du téléphone, seule la lumière du jour qui perçait à travers ses volets lui confirma, par sa froide réalité, qu'elle était bien éveillée.
- Oh mon dieu ! Le cri de Joyce la fit sursauter. Elle s'habilla rapidement et descendit. Le combiné du téléphone pendait au mur, et sa mère s'était recroquevillait dans le couloir. Elle s'approcha doucement. Lorsque Joyce releva son visage vers sa fille, l'expression de désespoir qu'elle y lut lui transperça le coeur. Elle sentait profondément qu'elle aurait du prendre sa mère dans ses bras, partager sa douleur, mais elle n'en avait plus la force. Elle se précipita vers la porte et s'enfuit hors de la maison.

Presque instinctivement Buffy alla se réfugier dans l'usine abandonnée. Ce lieu était comme un culte à sa douleur. C'est ici qu'elle avait du sacrifier son amour aux enfers, c'est là aussi que Méphisto lui avait donné rendez-vous. Les fauteuils pourpres n'avaient pas bougé. Elle n'était pas très sur de savoir si elle voulait le revoir pour le tuer ou lui parler, elle ne savait pas non plus s'il allait l'aider ou l'achever mais cela lui importait peu, elle voulait avant tout sortir de cette prison de douleurs dans laquelle elle était enfermée depuis qu'Angel avait décapité son père.
Elle attendit toute la journée, mais Méphisto ne vint pas. Elle finit par s'endormir à même le sol, dur et froid. Au matin elle entendit des pas et son coeur s'accéléra. Ce n'était que Giles, sa déception du se lire sur son visage car celui-ci s'approcha doucement sans oser la regarder.
- Buffy, je ne sais plus très bien quelle sont nos relations, mais c'est si dur pour moi de me sentir impuissant... Tu ne veux pas me parler ?
Il regarda la jeune tueuse recroquevillée à même le sol. Ce n'était pas la première fois que leur complicité ne résistait pas aux événements. Il songea que cette scène aurait pu déjà avoir lieu l'année dernière s'il était resté là après le combat d'Acathla. A l'époque elle s'était éloignée physiquement, cette fois ci son corps est présent mais elle semble pourtant tout aussi éloignée. Giles comprenait que quel que soit son amour pour elle, il y a des douleurs qu'il ne pouvait pas partager.
- Buffy, je crois bien te connaître, tu sais, regarde comment je t'ai retrouvé, juste par ton histoire, cette histoire qu'on a partagée ensemble, je ne peux pas te laisser la terminer seule. Je...
La jeune fille sanglotait maintenant et il se précipita pour la prendre dans ses bras. Ils restèrent longtemps dans les bras l'un de l'autre, sans pouvoir parler, ne communiquant que par la chaleur de leurs émotions.
- Tu veux que je te ramène chez toi ? La jeune fille lui fit un signe négatif de la tête
Il lui proposa de rester auprès d'elle mais se heurta à un nouveau refus. Il se résolut donc à l'abandonner provisoirement.

Le lendemain, Buffy repris quelque peu ses esprits, il n'y avait toujours aucun signe de Méphisto et elle se rendit compte qu'elle serait sans doute plus utile auprès de sa mère. Elle décida donc de retourner chez elle. Elle traversait le parc, le franc soleil de Sunnydale réchauffé son corps, à défaut de son coeur.
- Buffy ! La jeune fille se retourna
Elle fut saisie de stupeur, Faust était là, nonchalamment assis sur un banc, EN PLEIN SOLEIL !
Elle se dirigea vers lui, en constatent qu'il avait d'une façon ou d'une réussi à la déstabiliser avant chacune de leurs rencontres.
- Bonjour jeune fille. L'accueillit-il
- Vous n'étiez pas un...
- Un Vampire ! Pas aujourd'hui.
- Vous êtes... le Diable !
- Tout de suite les grands mots.
- Vous souhaitiez que mon père m'élimine n'est ce pas ? La jeune tueuse posa cette question en le fixant droit dans les yeux
- Qu'est ce qui te fais dire cela ?
- Arrêtez, je ne joue plus, s'énerva-t-elle, avant de m...  Elle s'entait l'émotion l'étreindre à nouveau en évoquant l'horrible scène.
- Mon père m'a tout raconté, le pacte... et que vous lui aviez demandé de me tuer.
A ces mots Méphisto se contenta de répondre, dans un premier temps, par un rire sardonique.
- Tss, Tss. Il me semble t avoir demandé la même chose à son égard.
Buffy resta interloquée, après quelques instants de silence il repris la parole.
- Pourquoi aurais-je voulu la mort de l'un plutôt que de l'autre ? Si tel avait été le cas je l'aurais tué moi-même, ajouta t- il en accentuant encore son sourire.
- Que chercher vous au juste ?
- L'absolu, chère ange, l'absolu. C'est comme une quête de l'esthétique, chaque vie sur cette terre est pareille à un tableau, au début elles ne sont qu'esquisses, puis les couleurs se mélangent et leurs vrais natures prennent formes, mais seuls les derniers détails de la finition créent un chef d'oeuvre... Alors je fignole les détails.
- Tout ceci n'est qu'un jeu pour vous et je n'ai aucune carte pour contrarier mon destin.
- Ce n'est pas parce qu'on ne connaît pas les cartes qu'on ne les a pas, dans de nombreux jeux les atouts cachés se révèlent être maître.
- Je ne sais pas... Je ne sais plus. Pourquoi je ne cherche même pas à vous tuer ?
- Tu n'es encore qu'une esquisse chère ange. Une prochaine fois... peut être.
Sur ces mots il se leva, sans se départir de son sourire, il lui pris doucement la main et la baisa.
- Serviteur mademoiselle, ce n'est qu'un au revoir, je ne dis jamais adieu.

Elle le regarda s'éloigner sous le chaud soleil de la mi-journée, persuadée qu'elle le retrouverait effectivement, quelle que soit la forme que prendrait cette nouvelle rencontre.
Elle n'avait plus qu'à rassembler ce qui lui restait de force pour aider sa mère à affronter le drame qui les affectait, la perspective de devoir se rendre à l'enterrement de son père lui retournait le coeur.

Epilogue

Pour la première fois depuis l'enterrement de son père, Buffy se réveilla avec un certain plaisir. Willow rentrait de son voyage en Europe et la perspective de retrouver son amie était plaisante. Le vol qui la ramenait à Los Angeles avait du atterrir au petit matin, et dès le début de l'après-midi les deux jeunes filles se retrouvèrent.

- Alors l'Europe ça t a plu ? Raconte Willow !
- Oh ! Buffy tu peux pas savoir, c'était merveilleux, j'ai vu la France, l'Allemagne, L'Autriche, des châteaux somptueux, des peintures magnifiques, c'est comme si toutes les descriptions des vieux livres de la bibliothèque de Giles étaient devenues réelles.
- Et les Français ils sont aussi mignon qu'on le dit ?
- Tu sais, j'étais avec mes parents, mais... tu ne peux pas imaginer comme ils te dévisagent quand tu les croises dans la rue. Et toi ? Qu'as-tu fait durant ces vacances ?
Buffy ne préféra rien raconter pour l'instant, les douleurs étaient encore si vives. Elle souhaitait juste profiter de ses premiers moments d'insouciances et se réchauffer au doux sourire de son amie.
- Oh... la routine Willow, des monstres, des vampires, la routine. Qu'est-ce que c'est que ce grand sac ?
- Un cadeau répondit Willow en souriant
- Un cadeau ! Pour moi ! S'exclama Buffy sur un ton qui laissait peu d'ouverture à une réponse négative.
- Oui pour toi, bien sur.
Les deux amies s'installèrent dans un coin tranquille du parc et Willow sortit le paquet et l'offrit à son amie.
- Cela provient d'une petite ville d'Allemagne, non loin de la frontière française et du Rhin.
Buffy ne voyait pas du tout ce qu'était le Rhin mais elle ne releva pas, occupée qu'elle était à ouvrir le paquet.
- Oh! une poupée ! Il s'agissait effectivement d'une magnifique poupée en porcelaine.
- J'ai trouvé qu'elle te ressemblait, ajouta timidement Willow
Effectivement la chevelure blonde, les somptueux yeux vert, jusqu'au nez un peu trop prononcé, faisaient immédiatement penser à la jeune tueuse.
- Je crois qu'elle représente un personnage historique repris la voyageuse.
Du reste Buffy trouva un joli carnet attaché à la poupée. Les premières pages étaient en allemand, puis les suivantes en anglais

Ville de Knittlingen (Germany) Elizabeth Faust 1501-1519
Fille du Docteur Johannes Faust,
elle est restée célèbre pour sa beauté et son destin tragique.
Elle fut assassinée par son père au cours de sa dix huitième année,
après que celui-ci ait signé, de son sang un pacte avec le diable,
qui lui est apparu sous les traits de son servant, Méphistophélès

- Buffy, il te plaît mon cadeau ?
- Buffy... Buffy !

FIN