
Fanfic postée le : 5 Août 2001 sur
nzn.fr.series.buffy
Note : Ce n'est pas une fanfic méta, quoique largement
inspirée de certaines discussions récentes du forum. Elle
est tous publics, peut se situer au début de la saison 5, mais ne
contient pas l'ombre d'un spoiler.
Il faisait légèrement frais ce soir dans le petit cimetière de Sunnydale. Buffy avait l'impression d'avoir arpenté ces allées des milliers de fois au cours de ces dernières années. Pourtant elle se surprenait parfois, à se demander si les tombes ne changeaient pas de place, histoire d'agrémenter un peu ses multiples promenades nocturnes. "Je dois confondre avec d'autres cimetières" se prit-elle à penser, "après tout, quoi de plus ressemblant à un cimetière qu'un autre cimetière ?".
Elle fut tirée de ses rêveries par l'apparition d'un, puis deux, puis enfin de cinq vampires qui l'encerclèrent petit à petit. "Tiens, je suis tombé sur un nid !". Heureusement elle se sentait en pleine forme ce soir là et, de coups de poings en en coups de pieds, de roulades en flip-flap, elle se débarrassa avec une grande agilité de ses assaillants.
- Mouais !
Buffy se retourna d'un coup vers la source de cette réflexion. A demi caché par la pénombre, elle aperçut un petit garçon, se tenant debout auprès d'un arbre. Il avait visiblement vu toute la scène, mais ne semblait guère impressionné. Elle s'approcha de lui prudemment, ayant déjà rencontré des vampires ou des démons ayant pris la forme d'un enfant. Celui-ci avait cependant l'air parfaitement humain, elle lui sourit alors gentiment et s'accroupit auprès de lui.
- Tu n'as pas eu peur ? Lui dit elle.
- Non. Répondit l'enfant laconiquement.
- Tu es un petit garçon très courageux.
- C'est parce que je n'y crois pas.
- Tu n'y crois pas ! Répéta-t-elle surprise.
- Ben non, quand on meurt on se transforme pas en poussière
comme ça, d'un coup.
- C'est parce que ce sont des vampires, expliqua t'elle, sur le ton de
la confidence.
- Ah ! Répondit le gamin d'un ton ironique. Puis il poursuivit :
- En plus il était grand et fort et tu fais à peine 40
kilos toute mouillée.
- Oui mais là je suis pas mouillée, et puis je suis
l'élue !
- L'élue, sourit il.
- Oui, à chaque génération il y a une élue,
seule elle se bat contre les vampires, les démons et les forces
du mal ...
- hein, hein. La coupa l'enfant.
Cette fois le doux sourire de Buffy s'estompa pour faire place à un rictus plus révélateur de son agacement qui montait.
- Absolument, reprit elle, bon mais maintenant je suis plus seule
parce qu'il y en a une autre. Mais ça c'est parce que je suis
morte.
- Tu est morte ? Interrogea le gosse de plus en plus incrédule.
- Oui ... enfin non ... enfin si, mais pas longtemps car Xander m'a
réveillée à temps. Et puis ça suffit
maintenant toutes ces questions. Comment t'appelles-tu d'abord ?
- Olivier.
- Eh bien Olivier, il est presque 11 heure 30, il est temps d'aller te
coucher maintenant.
Obéissant, le gosse s'éloigna pour rentrer chez lui,
non s'en laisser échapper une dernière remarque :
- N'empêche, c'est pas crédible.
Cette fois tout à fait énervée, Buffy se mit à marcher rapidement en direction de l'appartement de Giles. Elle avait besoin de lui en parler. Elle frappa à peine que la porte de la maison de son observateur s'ouvrit, comme si elle était attendue. Elle s'engouffra à l'intérieur, puis s'aperçut d'un coup que tout le monde était là.
- Qu'est-ce que vous faites ici ? Demanda t'elle.
- Ben Giles nous a demandé de venir, répondit doucement
Willow.
- Oui, confirma celui-ci, j'ai quelques inquiétudes sur le
nombre recrudescent de vampires.
- C'est fou, à chaque fois que j'ai besoin de vous, vous
êtes déjà tous là ! S'étonna la
tueuse.
- C'est écrit ! Hasarda Tara d'une voie à la fois douce
et mystérieuse.
Puis, devant le regard, soudain inquisiteur, que lui lança
Buffy, elle se reprit en bégayant un peu :
- Je, je veux dire : c'est le destin.
Buffy leur relata alors l'histoire advenue dans le parc puis, visiblement encore perturbée, leur fit part de ses inquiétudes.
- Et si ce gosse disait vrai, et si vraiment nous n'existions pas,
parfois j'ai l'impression que nos vies sont incroyables.
- Pourtant on se souvient de tout, tenta de la rassurer Willow, nos
souvenirs ne peuvent pas nous trahir.
- Je sais pas, persista la tueuse, comment ai-je pu survivre à
toutes ces aventures, comment a-t-on pu détruire le lycée
sans autre problème comment ... comment ...
Elle s'arrêta un instant, comme perdue dans ses pensés,
puis reprit :
- Comment ai je pu tombé amoureuse de Riley ?
Cette dernière réflexion fit sourire ses amies, pourtant elle insista :
- C'est vrai, j'étais amoureuse d'Angel qui représentait du mystère, de l'ambiguïté, de la passion ... et là je tombe amoureuse d'un boy-scout qui représente tout le contraire ! C'est comme si, toi, Willow, tu tombais amoureuse, je sais pas moi, de ... Wesley.
Cette fois Willow éclata d'un rire sans retenue !
- C'est vrai que pour le coup, ce ne serait pas crédible ! confirma t'elle. Mais ne t'en fais pas, même si Riley n'est pas encore le bon , toi aussi tu trouveras ton Prince.
Cette fois c'est Anya qui prit la parole :
- Je ne sais pas ce que tu imagines Buffy, mais moi qui ai
créé tant de mondes parallèles et qui
possède plus de mille ans de souvenirs, je suis bien
placée pour te confirmer que nous sommes bien dans la
réalité...
Anya ne remarqua pas que son discours était loin de rassurer
la jeune tueuse et poursuivit :
- En plus l'imagination des enfants est fertile, j'en ai moi même
rencontré un qui m'expliquait que je n'avais en fait, que 24 ans,
et que j'étais encore vierge ...
- Waow ! s'exclama Willow la dévisageant sous un nouveau jour et
s'attirant le double regard réprobateur de Tara et Alex !
Ce dernier ne put d'ailleurs s'empêcher de nier fermement.
- Ca, je peux vous affirmer que ce n'est que pure affabulation et je
possède quelque chose de bien réel pour vous le prouver,
si vous voyez ce que je veux dire.
- On voit ! Lui répondirent en coeur Buffy, Willow et Tara, alors qu'Anya lui jeta un regard complice.
C'est à ce moment que Giles sortit enfin de son silence :
- Tout ceci est très grave Buffy, je pense que cet enfant t'a
jeté un sort terrible. Qu'importe la vérité,
puisque nous somme incapables de la connaître, mais pour ce qui
est de la réalité, elle n'est que ce que l'on croit et
crois moi, le doute peut la détruire plus sûrement que
n'importe quel démon. Le doute est une arme absolue.
A peine eut-il finit sa phrase que dans un vacarme épouvantable, une armée de vampires s'introduisit chez lui. Courageusement chacun se lança dans la bataille. Toujours perturbée, Buffy se battait néanmoins vaillamment, mais le nombre d'assaillants se multipliait de minute en minute. "C'est pas possible, se dit elle, et d'abord comment tout ces vampires parviennent-ils à rentrer chez Giles sans avoir étaient invités ?" Puis devant l'inéluctabilité de la défaite qui se dessinait, elle se rappela des dernières paroles de Giles :"Le doute est une arme absolue". Buffy se mit alors à se persuader que les vampires n'existaient pas, ils ne pouvaient pas exister !"
Soudain, un profond silence se substitua aux bruits de la bataille. La jeune fille regarda autour d'elle. Rien, plus un vampire !
- Willow, Giles, ...
Les vampires n'étaient pas les seuls à avoir disparu !
- Willow, Giles ... Cria t'elle plus fort.
- Willow, Giles
Soudain elle sentit comme des tapotements sur ses joues ...
- Willow, Giles !
Elle ouvrit difficilement les yeux, comme si elle émergeait d'un profond sommeil. Elle découvrit, comme à travers des brumes, un visage arrondi et encore un peu poupin, d'un homme visiblement ravi de la voir reprendre connaissance.
- Sarah, tu nous a fait une de ces peurs !
- Willow, Giles ! Reprit elle de plus belle
- Sarah, Sarah ! c'est moi Joss. Ca va ? Quelle idée aussi de
vouloir réaliser ta première cascade après quatre
saisons !
Deux hommes aidèrent la jeune femme à se relever. Elle regarda l'homme blond qui la scrutait d'un air surpris, et un peu inquiet
- Qui êtes vous ?
- Sarah je suis Joss, Joss Whedon , c'est moi qui écris
l'histoire de Buffy !
Elle resta quelques secondes à le dévisager, puis soudain
le gifla violemment et se dégagea de l'emprise des deux personnes
l'ayant aidée à se relever, pour partir doucement, la
tête entre les mains. De plus en plus étonné, Joss
Whedon la regarda s'éloigner, se tenant la joue, encore tout
surpris qu'une si frêle jeune femme puisse gifler si violemment.
Il l'entendit maugréer en partant :
- C'est pas vrai, c'est pas possible, Riley, ...Riley, c'est ...c'est pas crédible !
La joue encore douloureuse, Whedon murmura à son tour :
- Mon dieu, ces stars... elles sont incroyables !
FIN