Westbury

Par Haldol

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Titre : Westbury
Auteur : Haldol
Email : haldol (chez] wanadoo [point) fr
Résumé : Fic post saison 7. Plus d'un an après la destruction de Sunnydale, Willow vient se ressourcer quelques jours chez Giles, à Westbury. Séparée de Kennedy, Willow ne parvient toujours pas à surmonter la mort de Tara. La vie en Angleterre va lui permettre de s'épanouir et la cohabitation avec Giles va la transformer, beaucoup plus profondément qu'elle ne l'aurait cru...
Histoire chaste sur le trouble, l'intimité, l'identité et la sensualité...
Rating : PG-13 (si vous avez pu regarder la série, vous pourrez lire ça...).
Warning : spoilers saison 5 d'Angel.
Note (géographique) de l'auteur : Giles, selon les canons du BuffyVerse, habite Westbury, dans le Wiltshire (cf. les deux premiers épisodes de la saison 7). Westbury est un village non loin de Bath (la ville aux thermes romains) et de Bristol. Pour une petite visualisation, voici un plan.


Chapitre 3

-- Westbury, Angleterre, 1 mois plus tard --

Willow descendit les escaliers d'un pas léger :

- Voilà ! J'arrive !" s'écria-t-elle alors que la sonnette de la porte d'entrée retentissait à nouveau. "Une seconde, j'arrive !" Elle ouvrit la porte en grand et devant elle, apparut une jeune femme blonde, toute fine, aux yeux fatigués :

- Buffy !" s'exclama-t-elle surprise. C'était bizarre de la revoir après tout ce temps...

- Hey ! Will !" fit la Tueuse, très étonnée de retrouver la jeune femme rousse ici. Elle s'attendait à revoir Giles, non Willow, jouant les maîtresses de maison !

Willow attrapa son gros sac de voyage :

- Entre, entre ! Ne reste pas plantée là ! Tu vas être trempée... Il pleut à cordes aujourd'hui" La petite sorcière aida son amie à ôter son imperméable et l'invita à s'asseoir au salon.

Buffy détailla ces lieux qu'elle découvrait pour la première fois :

- Alors c'est là qu'il habite...

- Hhhmm" marmonna Willow. Buffy se retourna vers son amie :

- Et toi aussi ? Depuis quand es-tu là ?

- Heu... Un peu plus de cinq mois" fit Willow en détournant les yeux, un peu gênée. Elle ne savait même pas pourquoi cet embarras soudain l'envahissait.

Buffy se laissa choir sur un large fauteuil de cuir brun :

- Cinq mois ?" La Tueuse encaissa le choc avec difficulté. "Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Tu as un boulot ?

- Je... Je travaille un peu avec Giles, au Conseil des observateurs... Quand ils ont besoin de moi, bien sûr...J'ai... Heu... J'ai du temps libre..." Buffy hocha la tête, soupçonneuse. Elle ne comprenait pas très bien ce qui retenait son amie chez son observateur.

Willow, nerveuse, enchaîna :

- Et toi ? Qu'est-ce qui t'amène ici ?"

Buffy se pencha en avant et ouvrit son gros sac :

- J'ai trouvé ces tablettes très rares, dans un cimetière. L'observateur italien d'une Tueuse Romaine m'a demandé de les communiquer au siège, à Londres. J'ai préféré directement les porter à Giles". Willow admira les antiquités rares et précieuses que livrait Buffy.

La Tueuse se releva. Elle avait visiblement du mal à tenir en place :

- Où est Giles ? A Londres ?

- Hein ?" Willow, extraite de sa rêverie, reposa les tablettes : "Non, non... Il est aux écuries avec Edgar. Il est venu ferrer Blade Runner...

- Blade Runner ?

- Oui, la jument préférée de Giles... Il va revenir tout de suite" expliqua Willow. "Tu veux que je prépare du thé en l'attendant ?"

Buffy haussa les épaules, surprise par les réflexes très britanniques de son amie :

- Hum... Pourquoi pas..."

Lorsque Giles ouvrit la porte de l'entrée, il interpella Willow, devinant qu'elle était dans les parages :

- Willow ? Edgar est parti. Blade Runner va bien ; elle a des sabots tout neuf. Il m'enverra la facture..." cria-t-il en accrochant sa veste trempée sur la patère de l'entrée. "Tu es là ?" s'inquiéta Giles qui n'obtenait pas de réponse.

Willow, depuis la cuisine, leva la voix :

- Oui, je suis là... Mais... Heu... Je ne suis pas toute seule..." commença la jeune sorcière.

Giles frotta ses bottes boueuses contre le paillasson et les enleva avec peine :

- Si c'est Judith, dis-lui que c'est d'accord pour samedi. Il faudra encore régler cette affaire de métayage avec Steven... Vous êtes toujours d'accord pour ces fermes, hein, Judith ?" lança machinalement Giles depuis le couloir aveugle où il se déchaussait.

Une petite voix fluette et légèrement éraillée lui répondit :

- Non, ce n'est pas Judith..."

Giles se figea.

Buffy...

C'était la voix de Buffy...

Il avança comme un automate jusqu'à la cuisine et il la vit enfin. Buffy, belle et blonde, avec ses grands yeux tristes et son petit corps maigre.

Buffy, si puissante, et pourtant si menue, d'apparence si fragile...

Tous les muscles de Giles se raidirent. Il était figé comme une statue, absorbé et envoûté par la présence radieuse de son ancienne Tueuse aux cheveux d'or.

C'est elle qui rompit en premier le silence :

- Vous étiez plus bavard lorsque vous croyiez que j'étais une certaine Judith... Je devrais être jalouse..." Elle lui fit un sourire enjôleur : "Bonsoir, Giles..."

L'observateur s'approcha d'elle, ne sachant s'il devait l'embrasser, l'enlacer, ou la saluer de loin.

Il était debout, elle demeurait assise. La mécanique de leurs corps paraissait rouillée. Ils n'étaient pas en phase.

Giles se contenta d'un salut un peu distant et coincé :

- Bonsoir, Buffy".

Willow sentit une tension électriser la pièce.

Buffy et Giles... Leurs rapports autrefois si complices et désormais si tendus. Elle les avait toujours imaginé unis et inséparables. Les crises successives qui les avaient secoué l'avait attristée : le départ de Giles alors que Buffy sombrait, il y a deux ans, le clash violent à cause de Spike, puis la rupture avant la lutte finale l'an passé...

Willow avait toujours été triste de les voir s'éloigner. Mais tout cela, c'était avant...

Aujourd'hui, elle se rendait compte qu'elle était mal à l'aise de les voir réunis dans la même pièce. Elle se sentait en danger. Il semblait à la petite sorcière que Buffy venait lui reprendre son bonheur, briser l'équilibre fragile qu'elle avait construit avec Giles.

Ses sentiments envers Giles devenaient complexes et profonds, Willow s'en rendait bien compte.

Elle frissonna : tout cela était idiot et parfaitement déplacé. Elle eut honte de sa soudaine jalousie envers Buffy.

Elle se leva de sa chaise et lança :

- Une tasse de thé, Giles ?"

* * * * *

Le repas fut agréable.

Buffy parla beaucoup de Rome, de sa soeur, d'Andrew qu'elles hébergeaient, de sa vie quotidienne. Elle patrouillait occasionnellement, pour le plaisir et pour garder la forme, mais sa vie se partageait entre des services rendus au Conseil des Observateurs et sa place de surveillante principale dans le lycée américain de Rome. Elle avait obtenu ce poste grâce à une lettre plus que flatteuse rédigée par un certain Robin Wood, proviseur du lycée de Sunnydale.

Willow, curieuse, finit par demander si elle trouvait un peu de temps pour ses amours. Buffy haussa les épaules :

- Je suis à nouveau célibataire..." répondit-elle d'une manière mécanique. Willow jeta un oeil inquiet à Giles qui tressaillit à l'annonce de cette nouvelle.

Willow se mit à mordiller nerveusement ses lèvres. Pourquoi Buffy était-elle là aujourd'hui, chez Giles, en Angleterre. Ces tablettes anciennes, elle aurait pu les faire porter par quelqu'un d'autre.

Jusqu'à présent, Buffy n'avait jamais manifesté le désir de voir Giles, de connaître son cadre de vie, de reprendre réellement contact.

Willow s'inquiéta : était-ce à cause de cette rupture amoureuse qu'elle revenait auprès de son ancien observateur ? Que venait-elle chercher exactement ?

Willow baissa la tête et se mit à tortiller machinalement un coin de sa serviette. Buffy poursuivit son récit :

- L'immortel n'avait pas les mêmes priorités, les mêmes envies que moi. Je suis encore cette pâte à gâteau, toujours pas prête à être cuisinée... Il me faut du temps... Je ne sais pas vraiment ce que je veux. Je souhaite juste être libre, vivre sans entrave, sans personne à qui rendre des comptes... Je veux, je prends..." avoua-t-elle, à la manière de Faith. "Après les relations difficiles que j'ai entretenues, je n'ai pas envie de me poser de questions".

Tandis que Buffy débitait son discours égoïste et féministe sur l'indépendance, Willow observait Giles, muet et raide, à l'autre bout de la table. Il ne savait que dire, craignant d'ouvrir la bouche et de déverser un torrent de haine et de rancoeur.

Il serrait tellement les poings que ses jointures étaient blanches. Ses mâchoires contractées faisaient régulièrement saillir les muscles de son visage. Son air était dur et grave.

En l'entendant parler ainsi des hommes de sa vie, Giles aurait voulu la battre, se jeter sur elle et la cogner pour la faire taire. Il aurait voulu la frapper pour l'obliger à le regarder. Le regarder, lui ! Rupert Giles !

Oui... Se jeter sur elle, relever ses jupes et la prendre... La forcer... Lui montrer qu'il était cet homme qui saurait lui donner ce dont elle avait réellement besoin...

Il l'aurait matée, il l'aurait dressée, comme une jument rebelle...

Giles ferma les yeux quelques secondes et chassa ses démons. Il délirait, il déraillait...

Buffy ne faisait ressortir que le pire en lui.

Le choc des retrouvailles lui faisait quelque peu perdre la raison...

Buffy ne devinait pas ses fantasmes ni l'étendue du pouvoir qu'elle avait sur lui... Ou peut-être préférait-elle ignorer les douleurs qu'elle lui infligeait délibérément.

Willow, loin d'imaginer la profondeur des tourments de Giles, avait cependant de la peine pour lui... et aussi pour elle-même.

Le retour de Buffy, son intrusion violente dans leur vie tranquille, les perturbait l'un et l'autre bien au-delà de ce qu'ils voulaient bien s'avouer.

Lorsque Giles se décida à parler, ce fut pour détourner la conversation :

- Je te remercie encore pour les tablettes. Elles sont précieuses. Jusqu'à quand comptes-tu rester ?

- J'ai un vol pour l'Italie après-demain.

- Si tôt ?" questionna Willow qui pourtant était intérieurement ravie de la nouvelle. Cette cohabitation contrainte lui pesait déjà trop.

Buffy, rayonnante, secoua savamment sa chevelure blonde :

- Hey ! J'ai une petite soeur dont je dois m'occuper ! J'ai laissé Dawn à la bonne garde de cet écervelé d'Andrew... Mais je n'avais pas le choix. Je ne pouvais l'emmener avec moi. Dawn ne peut louper trois jours de classe".

Willow se leva de table et commença à débarrasser :

- Je vais te préparer la chambre d'amis". Buffy fronça les sourcils : la chambre d'amis ? Willow n'était-elle pas déjà dans la chambre d'amis ?

- Et toi, où vas-tu dormir ?" questionna la Tueuse, les sens aux aguets. Willow se sentit rougir. Giles se leva à son tour :

- La maison est très grande, Buffy. Des chambres d'amis, il y en a plusieurs. Et puis, il y a aussi le bureau qui possède un convertible".

Giles se servit un nouveau verre de vin : il ne comprenait pas pourquoi il était aussi nerveux. Boire l'aidait, comme toujours.

Il toussota :

- Willow ? Il faudra prévenir les Rendel et les Linds que nous ne pourrons pas venir jeudi. Oh ! Il faut aussi téléphoner à Mary et John pour demain soir, pour annuler...".

Buffy se sentit gênée :

- Non, non... N'annulez pas tous vos projets pour moi.

- Buffy..." commença Giles. "Pour une fois que tu es là, on ne va pas te laisser seule...

- Peut-être que Mary pourrait ajouter un couvert demain soir ?" hasarda Willow qui se réjouissait depuis longtemps de cette soirée. "Laissez-moi l'appeler, Giles... Mary m'adore. Je me fais fort de te faire inviter, Buffy" lança fièrement Willow.

* * * * *

Buffy passa toute la journée du lendemain avec une curieuse sensation d'être une étrangère : Willow et Giles possédaient une telle complicité qu'elle en était presque jalouse.

Pas presque, non. Elle en était réellement jalouse.

Giles semblait aussi proche de Willow qu'il l'avait été d'elle aux heures glorieuses de leur rapport observateur/Tueuse.

Ils parlaient de choses et de gens que Buffy ne connaissaient pas. Ils partageaient des goûts communs pour les chevaux, la terre, le tennis, les vieux bouquins et la sorcellerie... Ils possédaient la même culture, les mêmes références, la même soif perpétuelle d'apprendre et de faire des recherches...

En tout domaine, Willow paraissait être l'élève sage et obéissante dont Giles avait toujours rêvé... En tout domaine, sauf en sorcellerie, où là, Buffy pouvait voir dans les yeux de Giles briller une admiration certaine pour Willow.

Rupert n'en avait jamais voulu à Willow d'avoir sombré, il y a deux ans, d'avoir tué Warren et d'avoir failli le tuer, lui. Il l'avait recueillie chez lui, ici même, à Westbury, et il l'avait aidé à se reconstruire pour devenir la jeune femme épanouie qu'elle était aujourd'hui.

Buffy passa l'après-midi entière à voir Willow mordre sa langue et ravaler des mots, le rose aux joues. Elle vit Giles retenir certains de ses gestes affectueux envers la petite sorcière, comme s'il était gêné de cet excès de tendresse dont il débordait envers Willow.

Ils paraissaient connectés, en parfaite harmonie, et Buffy se sentait larguée, abandonnée sur le bord de la route.

Les préparatifs pour la soirée chez les Kenneth, Mary et John, laissa Buffy perplexe.

Willow, dans une très belle robe de velours noir, très sobre, souriait nerveusement en passant et repassant devant Buffy, avachie dans un fauteuil du salon.

Depuis l'étage, on entendit la voix de Giles :

- Willow, je ne trouve plus mes boutons de manchette...

- Lesquels ?" demanda la jeune femme en fronçant les sourcils. Elle passa sa tête dans le couloir, tendant son cou vers l'escalier.

Giles cria depuis l'étage :

- Ceux en or strié... Tu sais ? Ceux qu'ils m'ont offerts le mois dernier pour mes cinquante ans..."

Buffy sursauta : cinquante ans ? Giles avait eu cinquante ans ? Elle n'en avait rien su. Il y avait du avoir une fête... fête à laquelle, visiblement, Willow avait participé...

Les cinquante ans de Giles...

Buffy sentit son ventre se nouer. Elle baissa la tête, envieuse des relations de Willow avec celui qui était censé ne vivre et n'exister que pour elle.

Giles ne lui appartenait plus. C'était insupportable.

Giles, resté à l'étage, marmonnait qu'il ne trouvait toujours rien.

Willow commença à grimper les marches d'un pas léger :

- Elles ne sont pas dans la poche de votre costume gris ? Vous les aviez la semaine dernière chez les Emerson..."

Les voix se firent plus sourdes au fur et à mesure que Willow s'éloignait.

Buffy demeura figée et pensive, seule dans le salon...

Une étrangère, oui... Elle était devenue une étrangère. Giles n'était plus son observateur, il ne lui appartenait plus.

Désormais, il appartenait à Willow...

La soirée lui confirma cette impression. Elle était mal à l'aise et frustrée devant leurs gestes de tendresse réciproques : sans cesse la main de Giles enlaçait tendrement la taille de Willow... Sans cesse les doigts de Willow cherchaient à s'entrelacer dans ceux de Giles...

Et puis, il y avait leurs rires communs, leurs amis communs, leurs passions communes...

Buffy enrageait.

Et la façon dont ils avaient été accueillis l'avait vexé plus que tout. Un couple âgé avait annoncé :

- Ah ! Enfin ! Voilà les Giles... et leur petite invitée..."

Les Giles...

Le mot résonnait dans sa tête, en permanence, comme un éternel supplice.

"Les Giles..." Rupert et Willow Giles... Et leur petite invité...

Buffy sentit son ventre se nouer. Elle n'était pas à sa place, ici.

Elle les suivait comme une petite fille accompagnant ses parents, ignorante du monde et des codes des adultes, ces normes inconnues, ce langage qu'elle ne comprenait pas.

Ces anglais lui semblaient si bizarres, ces propriétaires terriens et ces aristocrates si loin d'elle. Elle était mal à l'aise, ne parvenant à s'intégrer à aucune conversation, ne prenant de plaisir à rien.

Giles, bien entendu, était dans son élément.

Mais plus curieusement, Willow aussi. Elle se fondait dans cet univers comme si elle lui avait toujours appartenu :

- Tu imagines, Buffy ? Huit hectares de plus ! Philip pourra acquérir quelques pur-sang supplémentaires..." Ses yeux s'illuminèrent : "Oh ! Tu verrais ses écuries ! Il a des chevaux extraordinaires... Tu sais que Jodhpur vient de là ?"

Buffy tenta de faire semblant de s'intéresser à la conversation :

- Jodhpur ?" répéta-t-elle.

- Oui, le cheval brun et noir, celui que je monte... Tu sais ? Je te l'ai montré, hier, dans les écuries de Giles...

- Ah, oui..." mentit Buffy qui ne s'en souvenait pas du tout. Les chevaux, comme la campagne, la culture des roses, le cricket ou le tennis, ne l'intéressaient pas.

Giles s'approcha de Willow et la prit délicatement par la taille. Il se pencha à son oreille et murmura quelque chose à voix très basse. Buffy entendit Willow répondre 'Bien sûr' et elle s'éclipsa un instant, se dirigeant vers une femme âgée installée sur un fauteuil de style Empire à l'autre bout de la pièce.

Buffy leva les yeux vers Giles :

- Une urgence ?" demanda-t-elle curieuse et vexée d'être tenue à l'écart

- Plutôt des politesses... Willow doit beaucoup à cette dame, là-bas... Elisabeth Hartness... Elle est une des plus anciennes sorcières du Coven. C'est elle qui a permis à Willow d'apprendre à contrôler sa magie. Et c'est également une amie très chère... Je la connais depuis que je suis né... Elle adore Willow...".

Buffy avala son champagne d'un trait :

- Vous aussi, je crois...".

Giles fut surpris de la remarque. Il serra sa coupe de champagne nerveusement et fixa Buffy avec des yeux impénétrables :

- Je l'aime beaucoup, oui... Willow et moi partageons énormément de choses".

Buffy se sentit soudainement gênée de ses propres audaces : sa remarque acide était bêtement déplacée. Elle bafouilla :

- C'est très bien... Je suis heureuse pour Willow. Elle semble vraiment être dans son élément, ici. Elle est... épanouie !"

Le regard de Giles se fixa sur la petite sorcière rousse, accroupie près du siège de cette très vieille femme aux cheveux d'argent à laquelle elle faisait aimablement la conversation.

Il ne put réprimer un sourire satisfait, heureux. Il but une gorgée de champagne sans la quitter des yeux.

Les yeux de Buffy allaient de Giles à Willow, puis de Willow à Giles. Entre eux existait un lien, une connexion étrange et indéfinissable, ce rapport que Buffy ne parvenait ni à qualifier, ni à définir.

D'eux, elle ne savait rien, à part une chose : Giles était heureux, Willow était heureuse.

Et tout d'un coup, elle se rendit compte qu'elle, elle ne l'était pas.

A suivre...