Westbury

Par Haldol

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6

Titre : Westbury
Auteur : Haldol
Email : haldol (chez] wanadoo [point) fr
Résumé : Fic post saison 7. Plus d'un an après la destruction de Sunnydale, Willow vient se ressourcer quelques jours chez Giles, à Westbury. Séparée de Kennedy, Willow ne parvient toujours pas à surmonter la mort de Tara. La vie en Angleterre va lui permettre de s'épanouir et la cohabitation avec Giles va la transformer, beaucoup plus profondément qu'elle ne l'aurait cru...
Histoire chaste sur le trouble, l'intimité, l'identité et la sensualité...
Rating : PG-13 (si vous avez pu regarder la série, vous pourrez lire ça...).
Warning : spoilers saison 5 d'Angel.
Note (géographique) de l'auteur : Giles, selon les canons du BuffyVerse, habite Westbury, dans le Wiltshire (cf. les deux premiers épisodes de la saison 7). Westbury est un village non loin de Bath (la ville aux thermes romains) et de Bristol. Pour une petite visualisation, voici un plan.


Chapitre 6

Le samedi, John et Mary Kenneth furent surpris de ne pas voir Giles et Willow arriver à 15 heures pour leur partie de tennis hebdomadaire. Ils attendirent une bonne heure avant de se décider à téléphoner.

Personne ne répondit.

En fin d'après-midi, John, inquiet, se rendit chez Giles. La Range Rover était garée dans l'allée de gravier.

La porte de la maison était ouverte et John pénétra à l'intérieur :

- Hello ? Rupert, Willow, vous êtes là ?" Il fit trois pas de plus dans le couloir : "Hello ? Il y a quelqu'un ?"

Et puis il aperçut une ombre humaine, dans une pièce presque noire. Giles était couché sur le sofa. Plusieurs bouteilles vides étaient éparpillées autour de lui. Il était ivre mort.

Après quelques claques et un verre d'eau jeté au visage, Giles finit par émerger de son quasi-coma. Il était dans un état pitoyable. Ses vêtements étaient froissés et il ne s'était pas rasé depuis la veille.

John s'inquiéta :

- Où est Willow ?"

Giles, la tête entre les mains, coudes sur les genoux, murmura d'une voix pâteuse :

- Elle est partie.

- Où ? Quand doit-elle revenir ?

- Elle est rentrée chez elle, John, aux Etats-Unis. C'est définitif. Elle ne reviendra pas..."

John Kenneth fut abasourdi par la nouvelle :

- Seigneur Dieu ! Rupert ! Que s'est-il donc passé ?

- J'ai merdé, complètement merdé" bafouilla Giles, encore imbibé d'alcool.

- Qu'est-ce que t'as fichu, Rupert ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?" s'alarma John, très inquiet.

Giles se laissa tomber en arrière sur le dossier du canapé :

- Rome... Je suis parti à Rome..."

John ouvrit des yeux tout ronds :

- Rome ? Mais qu'est-ce que tu as été foutre en Italie ? Tu..." Et tout d'un coup, John comprit. Il se rappela de la blonde qui avait pavané chez lui, deux semaines plus tôt : "Buffy..." soupira-t-il.

Giles ricana, plein d'aigreur et de désespoir en entendant le nom de celle qui venait de gâcher sa vie :

- Buffy, oui..."

John leva la voix :

- Mais qu'est-ce qui t'as pris d'aller coucher avec cette blonde prétentieuse ? Nom de Dieu, Rupert ! As-tu perdu la tête ?"

Giles se mit à rire, nerveusement :

- Coucher avec Buffy ?" Son rire se perdit dans une vague de colère : "La garce m'a posé un lapin... J'ai traversé l'Europe pour elle et elle n'était pas là. Elle avait fui, John. Elle s'est joué de moi, comme d'un enfant !"

John soupira avec agacement :

- Faut-il être couillon, aussi, pour courir derrière ce genre d'allumeuse ! Tu vis avec la femme la plus merveilleuse du monde et tu as voulu la tromper avec cette mante religieuse ! Tu cherches le bâton pour te faire battre, Rupert !"

Giles cacha son visage entre ses mains :

- Je sais ! Je sais tout ça !!! Je ne sais pas ce qui m'a pris... Je me suis laissé baladé et berné... Elle m'a arraché le coeur pour le jeter aux chiens !" cracha-t-il avec rage. "Buffy était une illusion dont je me suis bercé. J'avais rêvé d'elle pendant des années, en silence, et tout d'un coup, mon fantasme semblait prendre corps... Je l'ai embrassé, John, et j'ai perdu la raison. C'était pure folie !" Il secoua la tête de gauche à droite, soudain envahi de honte : "Oh ! Willow... Je ne voulais pas lui faire de mal..."

John s'énerva :

- C'est réussi ! La pauvre petite doit être désespérée... Tout le monde a remarqué la façon détestable dont tu l'as ignoré ces derniers temps. Buffy par-ci, Buffy par-là ! Tu n'avais que ce nom à la bouche, reléguant la femme qui partage ta vie au rang d'ornement décoratif ! Depuis quand ne l'as-tu pas touché, Rupert ? Depuis quand n'avez-vous pas fait l'amour ?"

Giles ricana et baissa les yeux :

- Si tu savais, John... Si seulement tu savais..." L'observateur ne se sentait pas d'avouer à son ami qu'il n'avait jamais posé les mains sur elle.

John était anéanti par un tel gâchis :

- A la place de Willow, n'importe quelle femme aurait fait la même chose. Tu la laisses tomber pour une autre et tu plantes toute ta vie sur un coup de tête pour aller faire le con en Italie avec une blonde ?! Qu'espérais-tu trouver à ton retour ? Son lit ouvert et son pardon ?

- Oui..." confessa Giles. En effet, c'était ce qu'il avait espéré. Rentrer chez lui, rentrer au port, entrer en elle...

Mais à présent, il était soulagé qu'elle ne fut pas là lorsqu'il était revenu, la veille, ivre de colère, le ventre plein de rage. Il s'était rué dans sa chambre pour la prendre, avec violence et désespoir, pour compenser ce désir que Buffy avait broyé.

Il lui aurait certainement fait mal, il l'aurait définitivement brisée...

Giles n'osait imaginer ce que sa douleur et sa haine auraient pu l'amener à faire subir à la fragile Willow...

Willow qui l'aimait avec une telle innocence...

John entraîna Giles dans la cuisine et lui prépara une aspirine :

- Et maintenant ? Tu ne vas pas te saouler jusqu'à te fabriquer une cirrhose, non ? Qu'est-ce que tu comptes faire ?

- Je... Je ne sais pas..." avoua Giles, encore flottant dans ses vapeurs d'alcool.

John leva les yeux au ciel et soupira bruyamment :

- Bouges-toi, Rupert. Si tu l'aimes, traînes-toi à ses pieds, excuses-toi, prouves lui que tu l'aimes, à tout prix !" plaida John avec ferveur. "L'amour et l'orgueil ne font pas bon ménage. Reprends l'avion, mais cette fois-ci, évite Rome.

- Quoi ?

- Va la chercher, Rupert. Va à Los Angeles et ramènes là".

* * * * * *

Willow avait été plutôt mal accueillie par ses parents. Elle ne s'était pas attendue à autre chose de leur part. Sa mère, tout particulièrement, n'avait pas mâché ses mots :

- Ah ! Willow ! Te revoilà ? Encore célibataire ? Toujours sans emploi ? Et tu n'as même pas terminé tes études... A vingt-quatre ans, ma fille, il faudrait commencer à te secouer ! Moi, à ton âge, j'avais déjà construit ma vie ! Et puis qu'est-ce que c'est que ce nouvel amant ? Un homme, à présent ? Seigneur ! Ce que tu peux être indécise ! Ce n'est pas en hésitant sans cesse qu'on arrive à quelque chose dans la vie, ma fille ! Il faudrait que tu te mettes un peu de plomb dans la tête !" Elle avait  soupiré : "Bon, alors... Jusqu'à quand comptes-tu rester ici ?"

Willow n'en savait rien. Pour l'instant, elle ne savait rien faire d'autre que de rester ici, à Los Angeles, à cacher sa douleur et sa misère, en attendant d'aller un peu mieux.

Mais pour faire quoi, ensuite ?

Willow ne parvenait pas à imaginer sa vie loin de Giles, loin de l'Angleterre, loin des chevaux et de la terre.

Ce soleil californien l'agressait, elle qui ne rêvait que de balades sous la pluie, blottie dans les bras de Giles.

Trois jours après son retour, elle reçut un peu de réconfort en voyant arriver Alex. Le jeune homme vint lui rendre visite dans sa chambre qu'elle ne quittait guère. Willow sortait le moins possible de la maison de chez ses parents, noyant son chagrin entre les draps.

Alex vivait à Los Angeles depuis la destruction de Sunnydale et tentait de refaire sa vie. Il travaillait dans le bâtiment et amorçait une relation avec une des secrétaires de la boite dans laquelle il travaillait. Une vie calme et reposante.

Alex n'avait pas compris pourquoi Willow était partie en Angleterre. Il ne comprenait pas davantage pourquoi elle revenait :

- Mais qu'est-ce que tu as fait, là bas, pendant six mois ? Six mois avec Giles, en plus ! Tu as du faire une overdose de pluie et de vieux bouquins !"

Willow, avachie sur son lit, soupira :

- Non... C'était bien. C'était merveilleux... Oh ! Si tu savais Alex..." Elle détourna la tête à l'opposé de son ami d'enfance, fixant le ciel bleu dur à travers les carreaux de la fenêtre. "Si seulement tu savais..."

Le jeune homme sentit que quelque chose ne tournait vraiment pas rond chez Willow et qu'elle était profondément malheureuse :

- Hey ! Will ! Qu'est-ce qu'il ne va pas ?" s'inquiéta-t-il. "Il s'est passé quelque chose avec Giles ? Vous vous êtes fâchés ? Il... Il y a un problème ?"

Willow essuya une larme qui coulait le long de sa joue :

- Je... Je l'aime...» murmura-t-elle avec simplicité.

Alex resta un moment interdit, n'étant pas sûr d'avoir bien entendu :

- Hein ?... De qui parles-tu ? De kennedy ?... Tu ne parles quand même pas de Giles... ?"

Devant le mutisme de son amie, Alex dût se rendre à l'évidence et cesser de combattre la réalité :

- Tu aimes... Giles ? Rupert Giles ? 'Notre' Rupert Giles ?" s'exclama-t-il abasourdi.

- Arrête, Alex..." murmura Willow, mordant ses lèvres pour retenir les pleurs qui étranglaient sa gorge.

Alex se sentit penaud :

- Will, je ne voulais pas te blesser... C'est juste que... Je suis surpris ! Je te croyais avec Kennedy... Une femme, quoi... Et Giles est un homme et je ne savais pas que tu avais à nouveau changé de..." Il baissa les yeux : "Merde. Je m'enfonce...

- C'est rien..." souffla Willow en posant sa main sur la sienne. "Moi aussi, j'ai été surprise... Je ne pensais pas qu'un jour j'aimerais à nouveau un homme, que j'aimerais quelqu'un aussi fort que j'ai aimé Tara. Ca m'est tombé dessus, comme ça... On y peut rien" conclut-elle en haussant brièvement les épaules, en signe d'impuissance.

Alex serra la main de Willow dans la sienne :

- Je suis désolé... Je ne me doutais pas que toi et Giles, vous étiez...". Sa phrase resta en suspend. Willow et Giles... Alex ne s'en remettait toujours pas. "Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi vous êtes-vous séparés ?"

Willow eut un petit ricanement amer :

- Séparés ? On n'a jamais été ensemble, Alex. Jamais !

- Je ne comprends pas..." fit le jeune homme en fronçant ses sourcils.

- Je l'aime, Alex. Je l'aime plus que tout ! Mais lui, il est amoureux de Buffy..."

Alex baissa les paupières :

- Je vois...

- Tu n'as pas l'air étonné.

- Je crois que je m'en étais toujours douté. Anya disait que s'il avait quitté Sunnydale, il y a deux ans, c'est parce qu'il aimait sa Tueuse et qu'il ne pouvait plus supporter de vivre près d'elle sans la posséder... D'après elle, cet amour à sens unique le rongeait..."

Willow sentit son ventre se tordre de douleur. Alex vit le changement des traits de Willow. Il poursuivit :

- Anya disait aussi que Buffy ne l'aimait pas, qu'elle ne l'aimerait jamais. Qu'elle se servait juste de lui, tantôt comme d'un instrument de guerre, tantôt comme d'un paillasson... Elle disait que Buffy utilisait Giles pour payer les factures, pour s'occuper de la discipline de Dawn. Elle pensait qu'il n'était pour Buffy qu'un meuble, qu'elle aimait juste le savoir à sa merci..."

Willow détestait entendre parler de Giles de la sorte. Mais elle devait reconnaître que la défunte Anya avait sans doute raison :

- Peut-être..." concéda-t-elle. "Leurs relations ont toujours été compliquées...".

Alex enfonça le clou :

- Anya pensait que de toute façon, Giles n'aurait jamais été heureux avec elle, qu'elle n'aurait jamais rien à lui offrir, mais tout à lui prendre, qu'elle n'était capable que de le faire souffrir...

- Mais en attendant, c'est avec elle qu'il veut être..." soupira Willow, amère.

Une voix de femme retentit depuis le rez-de-chaussée, interrompant leur conversation :

- Willow ?" La voix se rapprochait. Un coup sec à la porte, et Mme Rosenberg ouvrit la porte : "Ne réponds pas, surtout, quand je t'appelle !" cracha la mère avec énervement.

- Pardon..." s'excusa Willow d'une voix lasse. "Qu'est-ce qu'il y a ?

- Il y a ton ami anglais qui est là. Rupert Giles. Il veut te parler".

Willow sentit comme un vertige la saisir. Elle ne parvenait plus à réfléchir :

- Giles ? Il... Il est au téléphone ?" bafouilla Willow, les joues écarlates.

Mme Rosenberg leva les yeux au ciel :

- Mais es-tu sotte, ma fille ? Je viens de te dire qu'il était là.

- Là ?

- Oui, là ! Dans le salon... Je lui dis de monter ?

- Nooon !" hurla Willow, les yeux emplis de larmes. "Je ne peux pas... je... Dis-lui que je ne veux pas le voir..."

Alex se leva :

- J'y vais..."

Willow attendit patiemment le retour d'Alex. Elle avait bien essayé de jouer les espionnes mais on n'entendait rien depuis la porte de la chambre et elle ne voulait pas prendre le risque d'être aperçue dans l'escalier, par Giles, par sa mère ou par n'importe qui d'autre.

Alex remonta au bout de quelques minutes, un morceau de papier à la main. Willow, depuis son lit, le regardait avec des yeux fiévreux.

Le jeune homme jeta le carton blanc rectangulaire sur les draps roses.

Willow fixa le papier sans oser le toucher :

- Qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-elle pour la forme. Elle avait déjà compris.

Alex croisa ses bras sur sa poitrine :

- Un billet de retour, Los Angeles/Londres. Il veut que tu rentres avec lui. Il a réservé deux places sur le vol de ce soir, à 21 heures.

- Je ne peux pas..." renifla Willow, les yeux embués.

Alex s'assit au bord du lit :

- Quoi ?" commença-t-il d'une voix calme : "Qu'est-ce que tu ne peux pas, Willow ? Tu ne peux pas l'aimer et vivre avec lui ?

- Il ne m'aime pas...

- Il veut vivre avec toi, Will, pas avec elle. C'est toi qu'il est venu chercher, non Buffy..."

Willow, la tête embrouillée, était rongée de jalousie :

- Tu crois qu'il lui a fait l'amour ? Tu crois qu'ensuite elle l'a jeté et que c'est pour ça qu'il est là ?

- J'en sais rien, Willow. C'est à lui de te le dire, pas à moi" répondit Alex avec sagesse.

Willow enfonça sa tête dans l'oreiller :

- Je ne veux pas être son lot de consolation !"

Alex s'énerva :

- Et qu'est-ce que tu es aujourd'hui, hein ? Une épave qui se traîne lamentablement du matin au soir dans son lit, chez ses parents... C'est ça la vie dont tu rêvais ?

- Non ! Bien sûr que non... Je voulais vivre avec lui, au milieu de la campagne et des chevaux, à lire des vieux bouquins..."

Alex murmura :

- C'est ce qu'il t'offre, Willow... Peut-être qu'il ne t'aime pas comme tu le voudrais. Mais peut-être aussi que ses sentiments sont plus confus que tu ne le crois. S'il ne t'aimait pas un petit peu, il ne serait pas là, à des milliers de kilomètres de chez lui, à venir te supplier de rentrer en Angleterre et de passer ta vie avec lui".

Alex marqua un temps puis reprit :

- Tu en veux trop, et tu veux tout trop vite ! Laisse lui le temps, Willow... Prends ce qu'il te donne. Il vaut mieux passer sa vie auprès de l'homme qu'on aime, dans la pays qu'on aime, que des rester là, seule, à se morfondre chez ses parents, non ? Ne gâche pas ta chance : elle ne se représentera peut-être pas deux fois...".

Willow demeura muette.

Alex attrapa le billet d'avion et lui colla sous le nez :

- L'avion décolle à 21 heures. Tâches de faire le bon choix... Ne commets pas les mêmes erreurs que moi..." conclut-il en pensant à Anya, qu'il aurait dû épouser et qui aujourd'hui était morte.

* * * * *

Giles tourna longtemps devant les comptoirs de la British Airways, espérant voir surgir Willow, les bras encombrés de bagages et courrant jusqu'à lui.

Il embarqua à la dernière minute, seul.

Il s'installa dans son fauteuil et appuya sa tête contre le hublot, les yeux dans le vide.

Il méritait ce qui lui arrivait. Après ce qu'il lui avait fait subir, comment Willow aurait-elle pu lui pardonner et revenir ?

De plus, un retour en Angleterre aurait des implications nouvelles. Giles savait qu'ils avaient franchis une frontière qui était sans retour.

Willow avait avoué ses sentiments pour lui. Et Giles était venu la chercher en toute connaissance de cause. Son geste ne souffrait guère d'ambiguïté : si elle revenait avec lui, leurs relations seraient nécessairement différentes... très différentes.

Giles ferma les yeux, écoutant le brouhaha des derniers passagers s'installant à leurs sièges.

Il repensa à Willow, à son rire perlé, à son humour et à sa gaîté. Il la revit, les cuisses nues, essayant de rattraper des balles de tennis du bout de sa raquette maladroite.

Il se mit à sourire tout seul. Ces souvenirs étaient si bons.

Et puis, il se remémora Willow, étendue sur son lit, le dos nu... Sa peau, douce et crémeuse, son corps aux lignes parfaites... Aujourd'hui, il aurait donné n'importe quoi pour remonter le temps jusqu'à cet instant là et se glisser sous les draps auprès d'elle.

Giles fut tout à coup extrait de sa rêverie par une petite voix douce et tremblante :

- Excusez-moi, monsieur, cette place est-elle libre ?"

En entendant cette voix si mélodieuse et si familière, Giles leva les yeux et il la vit, ses longs cheveux auburn encadrant si parfaitement son visage.

Willow n'attendit pas de réponse et s'assit timidement, les yeux rivés sur ses genoux.

Elle n'osait plus rien dire. Elle n'osait même pas le regarder.

Giles, submergé d'émotion, l'attira vers lui et l'enlaça tendrement :

- Willow, Willow... Pardonnes-moi ! Je t'en supplies, pardonnes-moi..."

La jeune femme fut comme submergée par une déferlante d'émotion. Son esprit chavirait. Le nez enfoncé dans son cou, elle le respirait avec avidité, savourant le contact de ses mains sur elle. Elle était enfin dans les bras de Giles. C'était tellement bon ! Ses larges épaules, son torse si accueillant, son odeur, sa voix chaude susurrant son prénom à son oreille, tout lui avait si cruellement manqué.

L'hôtesse, de sa voix chantante, les sépara d'un mot :

- Madame, Monsieur, veuillez attacher vos ceintures, s'il vous plait. Nous allons décoller. Vous pourrez à nouveau vous... heu... vous déplacer dès que l'appareil aura acquis sa vitesse de croisière, à l'extinction de la consigne lumineuse placée ici" fit-elle en désignant un voyant au dessus de leurs têtes.

Giles s'arracha au corps de Willow a regret et prit sa main dans la sienne. Il la porta à sa bouche et embrassa le bout de ses doigts avec tendresse.

Willow ferma les yeux et laissa sa tête rouler en arrière sur le dossier de son siège, heureuse.

Elle rentrait enfin chez elle, à Westbury, avec lui... prête à s'abandonner dans ses bras.

* * * * * * *

-- Rome, 7 mois plus tard --

Dawn sautilla dans l'entrée et referma la porte de l'appartement :

- Buffy !!!" cria-t-elle. "Courrier !!"

La Tueuse sortit de la salle de bain les cheveux encore humides. Elle attrapa les lettres que sa soeur lui passait une par une :

- Facture, publicité, facture, publicité..." commentait Dawn, avec la rigueur d'un métronome.

Tout d'un coup, la voix de l'adolescente changea :

- Oh ! Celle-là vient d'Angleterre... Elle est magnifique ! Tu as vu l'enveloppe et la calligraphie ? On dirait que c'est écrit à la main, façon XVIII° siècle : 'Melles Summers' ! Tu as vu ? C'est pour toutes les deux..."

Buffy arracha la lettre des mains de sa soeur et décacheta l'enveloppe d'un geste brutal, déchirant le papier délicat.

A l'intérieur, un magnifique carton d'invitation, couleur blanc crème, sur la couverture duquel étaient gravés deux anneaux dorés entrelacés.

Buffy ouvrit la carte avec fébrilité et lut l'annonce très formelle du mariage annoncé de Willow Rosenberg et de Rupert Giles en l'église de Bath. Les noces auraient lieu le mois prochain et les deux soeurs Summers étaient cordialement invitées à partager le bonheur des futurs époux.

Dawn regarda le visage de Buffy se décomposer :

- Qu'est-ce que c'est ?" questionna Dawn, curieuse. "Il y a des alliances sur la carte, non ? Qui est-ce qui se marie ?"

Buffy chiffonna l'invitation avec rage, et embrassa rapidement sa soeur sur le front :

- Personne, Dawnie, c'est juste une publicité".

FIN